‹ La philosophie ancienneChapitre 160 sur 194 · LA SOPHISTIQUB DANS XÉNOPHON · texte numérisé non relu

LA SOPHISTIQUB DANS XÉNOPHON

regarde Véducation qu'ils donnent à la jeunesse, la forme et les vices de cette éducation.

c J'admire en vérité ces gens que Ton appelle sophistes, qui prétendent pour la plupart conduire les jeunes gens à la vertu, tandis qu'ils les mènent en sens contraire. En effet, nous n'avons encore vu personne dont les sophistes de nos jours aient fait un homme de bien... Us détournent des études solides et n'enseignent que le mal. On leur reproche de sophistiquer sur les mots sans se préoccuper des idées... Us sont à la recherche des mots... Les sophistes ne parlent et n'écrivent que pour tromper, que pour s'enrichir. Il n'y eut jamais, il n'y a pas chez eux de sages, etc. , etc. J'engage donc à se tenir en garde contre les préceptes des sophistes >. {De la Chasse, ch. vni.)

Vn. Conclusion : Accord db Xénophon avec Platon et Aristotb. — De ces passages et d'un examen plus complet des Mémoires et des autres écrits de Xénophon on peut conclure que, sur tous les points essentiels, il est d'accord avec Platon dans la manière de concevoir et de juger la sophistique et les sophistes. On ne trouve chez lui ni la profondeur théorique, ni la verve satirique et le talent dramatique de l'auteur des Dialogues; mais, sur l'idée qu'ils se font tous les deux de la sophistique, de sa nature, de son objet, de sa doctrine, de l'honorabilité des sophistes, etc., il n'est pas un seul point sur lequel il soit possible de marquer la différence. De même l'opposition parfaite entre Socrate et ceux qui furent ses adversaires est manifeste. Il serait absurde de dire, après l'avoir lu, que Socrate, après tout, n'est que le premier des sophistes (voy. Grote).

Vm. Objection et réponse. — On objecte, il est vrai, certains passages où il parle d'eux avec honneur. En particulier, la belle allégorie de Prodicus : Hercule entre la Volupté et la Vertu, qu'il nous a conservée, est mise dans la bouche de Socrate lui-même qui la rapporte et rend un hommage sincère au sophiste {Mém.^ Il, ch. i). Mais, cela prouve encore mieux l'accord, loin d'y contredire. Car Platon fait absolument de même. Lui aussi rend justice aux sophistes dans ce en quoi ils peuvent être loués, leurs qualités briUantes, ce qui ne fait rien préjuger du fond et de la valeur des doctrines. On l'a vu déjà pour Protagœras. Platon aussi met dans sa bouche de très belles maximes morales et sodales et de magnifiques discours. Protagoras disserte très bien sur la vertu politique, les liens qui doivent unir tous les hommes, dans un style solennel qui a sa grandeur et sa beauté. Seulement le sqihiste est incapable d'eiçliquer et de justifier oe qui

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fut le fond de son éloquence parce qn'il n'en a pts k science. Comme Platon, comme Socrale qui Tavait fait avant eux, Xénopbon distingue non moins chÂrement cette éloquence d^apparat qni a fait le soccès des sophistes, de ia vraie éloquence, cdl^-d inséparable de la morale, inséparable aiMsi de la sdenee, comme Platon le dit et le démontre d«M le Gorgias ci le Phèdre.

C'est à leî^ e^est k Platon raamlenant que nous not» caresserons.

n. — PXJLTOM : X^'idée d* la 8oblstt«M 4ami PUtoB.

Accord db Platon avec Aristotb bt Xénopbon sur la sophistique ET LES sopmsTBs. — Nous uc reviendrons pas sur ce qui a été dit de Platon comme historien de la sophistique, ni sur les reproches qui lui lui ont été faits d'avoir calomnié et caricaturé les sophistes. Nous voulons ici seulement mettre en lumière Taccord qui existe entre lui et les deux autres grands juges et témoin» de la sophistique, par lesquels s^est faite et accréditée ropinion qu'aujourd'hui encore nous partageons avec eux sur cette forme de la pensée humaine et sur les personnages qui alors en Turent les représentants.

La parfaite concordance des idées, Tidentité dans la manière de concevoir et d^apprécier les sophistes est manifeste chez ces esprits supérieurs; c'est ce que nous avons à cœur surtout de bien établir dans cette étude r

I. La DÉFiNmoN DU SOPHISTE DE Platon, — Saus rassembla ici tous les traits ëpars dans les Dialogues de Platon où apparaît la sophistique en elle-même et sous ses aspects divers S nous devons dégager l'idée la plus générale qui éclaire et domine l'ensemble et que lui-même nous en a donnée. Elle est contenue dans la définition à laquelle est consacré Tunde ses plus importants dialogues, et qui est intitïilé le Sophiste '.

Composé au point de vue de la spéculation la plus haute, ce dialogue a aussi pour titre : de VFtre (lapl xoZ Jvroç). Il vient à la suite du ITiéé" tète qui traite de la science (iwpl Imon^piç). La science» la formule de

1. Proftrgonrr, Garjjin, loftïyJème, Qratyie, Théétète, les <îctix IRppias, îTeaoïi,

fâêMê et da Timée^ elc.

2. On a constaté Tauthenticité de ce dialogue. Elle nons parait étidenfe. Aussi Itff pliB siTanto hîslomM radnettent Qntnt ^noas, Mxm Orom r Si fe^MMr a*Mft pas de Plaftaft, il ttt ylatonitiM tt le léama, caU aou anCm. Depkit. H tsi d*an platonicien fort distingué comme mètafthysicien, comme dialecticien et aussi comme écrivain satirique. Ces piatonicieng, il fiut Hivouer, ont une grande m«àesttepoiirgaiéeraiuiraMB9;aM;m«iMtt,4iriMn-iiW9,cf«st m tteoia et plu ai un jpga qfoi «'sjouia à la liate^ qju ce ilatonkian inooniuL.

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