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LA SOPHISTIQUE DANS PLATON

Protagoras la rend impossible; mais son objet lui-même, ïêtre dans sa vérité, quel est-il? Gorgias noas répond qu'il n'existe pas, que Yêtre ri est pas fins que le non-être ^ ni le non-^re que l'Are, etc. (Toy. sup.,9d) : Zenon l'avait [Htmvé pour le non-étre; son disciple le prouve, à son tour, pour Yêtre Ini-mème que maintiennent les Elëatea. Et a)ors,comnie le dit très bien Hegel (voy. siqn-a, 364) : « la pensée tourbillonne dans le vide, n

n. La méth(»b dk Platon. — Platon fait intervenir dans ee dialogue, les deux grandes écoles, llooienne et TËléatiqne, d'où est sortie eUe-mème la lophistiqiie. Il les réfute afin d'arriver ainsi, non à la p«re négatkm, qui est le résultat de leurs doctrines, mais à une conciliation que doit réaliser l'idée, base de tont le système phtomeiea.

Qnant à la définition elle-même du sopbbte, qui fait les frais du dialogue, IL Zeller, qui la antique, kà d'abord remarquer que Platon hii-mtee avove être embarrassé de la trouver. Que le savant bistorien nons pardonne, mais il nous parait ici toutà iait dupe de l'ironie platomcieme. Platon dit bien an début : « ce n'est pas chose facile de ddmir cette espèce d'homosies ». Mai» cela ne peut se prendre ani sérieux. Gomment Platon eèl-îl éprouvé le moindre embarras pour définir l'opposé de ce que partout il d^nit si l»en, si nettement, si clairement el eeh en vertu de tout son système : la sagesse véritable et le vrai philosophe, épris de cette sagesse, qui l'aime et la recherche? Ptaton^ dai» le sixième Uvre de sa République^ a tracé du philosophe un portraîl qni nelaîaae rien à désirer. Il Ta fait avec amour et comph^nce; il y énnmère tons les traits de l'esprit et du caractère phiio80|ihiqnes> U n'y avait qu'è prendre l'opposé pour trouver la définition es sophiste ei, comme on dit, à retourner la médaille.

Le côté posiÉif danoe le cAté négatif; la face, le revers. Le portrait du sophiste frii le pandant en portrait du phibaophe

C'est ce qui est dans Plalon.

Le philosophe, eomme le vrai dlakctiôen, aspireà la connaissance àeViire ou du Mefi,.qui est aussi le iirm, lefeati, ete» H s'élève dans la région snpérieure des idéea, delà lomiéfe; la clarté du Ueu ^'il hahite, seukpent empèafaernas yeux éhloniadele bien voir («So/^A. , 254). Le aopUste, lui, habite une r^|^ ohacure et ténébreuse et c'est l'obscurité du lieu qui d'abord rend mal aisé de le distiqguer {Ibid.).

n y a anssi une autre rais^i, que ne dit pas, mais qu'indique notre philosophe, c'est la versatilité, la variabilité de ses formes, c'est sa nalnte mnltifbime, inconsiatanèa a fuyante; ce sont les dé^piisements

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qu'il prend tour à tour, sous lesquels il se cache et se dissimule. Le sophiste est un Prêtée qui échappe ou veut échapper aux étreintes de la dialectique. La sophistique, en outre, offre différents aspects; elle a des caractères extérieurs et des caractères intérieurs qui marquent son essence. Les uns sont dérivés, les autres la constituent; les uns sont la cause, les autres les effets. Fidèle à sa méthode inductive ou ascendante et qui consiste à aller de Textérieur à Tintérieur, des caractères saillants, faciles à saisir aux moins visihles et plus difficiles à apercevoir, Platon ici donne du sophiste d'abord tous les caractères extérieurs qui sont ses défauts. Il les énumère et les décrit. Et comme il est poète satirique aussi bien que dialecticien, tous ces caractères, qui fournissent autant de définitions, sont aussi des traits de satire ironique et des sarcasmes. Sa verve comique s'exerce et se joue autour de ces définitions. Toutes, néanmoins, marquent un trait caractéristique, mettent en relief un des défauts, ou des travers et des ridicules réels reprochés à la sophistique et aux sophistes. Ceuxci passent ainsi sous nos yeux; et, à mesure qu'il les énum^, il les stigmatise. Mais ce sont là des degrés, un acheminement progressif à la définition véritable. Car c'est, je le répète, une satire mordante, mais aussi un exercice de haute et sérieuse dialectique que cette œuvre de métaphysique spéculative, où sont passés en revue et agités de nouveau les plus ardus problèmes, diversement résolus dans les deux grands systèmes de la philosophie grecque : l'Ionisme et TEléatisme.

m. Là vraie définition plàtoniciennb du sopmsTB. — Hais la vraie définition du sophiste, placée au bout de la discussion et qui la dftt, elle est très claire et très facile i d^ager; elle était toute faite d'avance. C'est tout simplement celle-ci qu'on retrouvera chez Aristote qui n'a fait que la recueillir ^ : « le non-être opposé à l'Are, Vytpa^ rence vaine et trompeuse de la vérité, qui veut k remplacer, qui la simule, la copie, le simulacre de la sagesse véritable ou réelle. >

C'est ce que nous a dit aussi Xénophon dans un langage, il est vrai, plus simple, moins métaphjrsique, mais parfaitement identique. Luimême probablement l'avait recueillie, cette définition, de la bouche de Socrate, quoique Socrate, avec sa dialectique un peu subtile, mais profonde, ne fût pas aussi éloigné de la définition de Platon, son vâitable disciple, comme lui l'adversaire et, si l'on y tient, l'implacable ennemi des sophistes.

Cette définition, plusieurs fois répétée, en void laformule principale :

t. Cest peut-être une des rtisons qui démoatreot ranthenticité de ce dialo^e.

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