LA SOPHISTIQUE DANS ÂRISTOTB
clinations de cet animal celles qui sont honnêtes, bonnes et justes de celles qui sont honteuses, mauvaises, injustes, se conformant dans ses jugements à Tinslinct de Tanimal, appelant bien tout ce qui le flatte et lui fait plaisir, mal tout ce qui le courrouce... sans y faire d*autre distinction. N'est-ce pas l'image de ceux qui font consister la sagesse à connaître ce que désire la multitude assemblée, ce qui lui fait plaisir soit en peinture, soit en musique, soit en politique? » {Rep.^ VI).
Chose singulière ! c'est précisément ce passage que Ton cite (voy. Grote), à l'appui de la thèse qui fait des sophistes de simples représentants, des organes de leur époque. Il en est ainsi sans doute. Mais si la sophistique est un effet, apparemment elle est aussi une cause. Elle ne symbolise pas seulement les idées, elle les formule et les réduit en système; en outre elle les propage. Par là, elle agit puissamment sur les esprits et sur les mœurs qu'elle justifie ou qu'elle excuse. Et c'est méconnaître la puissance des idées que de ne pas le reconnaître. Une pareille doctrine, la sophistique, suit le mouvement, mais elle Taccélére et elle le régularise. Telle est l'efficacité des idées abstraites ^ C'est comme si l'on disait des encyclopédistes, auxquels on les compare, qu'ils n'ont été que l'écho de leur siècle, et que V Encyclopédie, cette grande machine de guerre, était faite pour figurer dans un musée.