‹ La philosophie ancienneChapitre 170 sur 194 · LA SOPHISTIQUE DANS ISOCRATE · texte numérisé non relu

LA SOPHISTIQUE DANS ISOCRATE

par lesquelles ils tâchaient d'attirer leurs disciples, leur manière d'enseigner l'éloquence ; aux troisièmes il reproche de borner à la science (le la chicane Tètude de l'éloquence.

Le langage de cet écrivain modéré offre parfois plus d'àpreté et de violence indignée que nul endroit dans Platon, Xénophon et Âristote, l'auteur de la Réfutation des sophistes.

En voici un échantillon. « Peut-on ne pas concevoir de la haine et du mépris d'abord pour les sophistes qui s'occupent des vaines disputes de la dialectique. Ils s'annoncent pour chercher la vérité et ils font de belles promesses et la première de ces promesses est une imposture, etc. >

lY. Conclusion et comparaison de ces quatre auteurs. — Ainsi s'est formée, établie, et constituée la notion de la sophistique chez les contemporains des sophistes. Les quatre auteurs principaux qui seuls, il est vrai, ont exposé, développé et appliqué cette idée, et qui constituent à eux seuls le tribunal qui les a jugés, sont, on ne peut le nier, des adversaires; mais on avouera que ce ne sont ni des témoins vulgaires que la passion aveugle, ni des juges sans compétence. Ce sont des hommes d'un caractère noble, élevé. De tels adversaires ne disent pas,par cela même qu'ils le sont, le contraire de la vérité. Il faut aussi voir pourquoi ils le sont et les raisons qu'ils donnent de leur opinion. Ils sont, dit-on, intéressés, et prévenus étant de la môme école. Mais ils sont différents d'esprit et de caractère, séparés d'opinion sur bien des points, et ils suivent des directions différentes. L'un est un historien moraliste, esprit pratique ennemi des spéculations théoriques auxquelles se livre Platon comme lui disciple de Socrate. Le second livré aux spéculations les plus hautes, dont la pensée est sans cesse tournée vers l'idéal, est aussi un grand moraliste et sa morale est la plus pure. Le troisième est un esprit positif et scientifique, un froid logicien; comme moraliste, ennemi de tout excès, s'attachant toujours au milieu, évitant l'exagération; conune historien, esprit critique, habitué à corriger et à rectifier les opinions de ses devanciers, ayant à cœur en particulier de contredire Platon, ce qu'il fait sur tout autre point que sur la sophistique. Le quatrième est un rhéteur lui-même, assimilé souvent aux sophistes, mais d'une trempe différente, cultivant le même art que les sophistes, leur ressemblant en beaucoup de points, se séparant d'eux sur la base à donner à cet art, sur la méthode et le fond de la doctrine. Tous les quatre se font de la sophistique la même idée, portent sur elle et ses adhérents le même jugement. Us avaient leurs préjugés, sans doute, mais aussi leurs raisons qu'ils

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donnent et que nous eonnaîssons. U faudrait prouver que, ehes eux, tout est préjugé, et que leurs préjugés sont faux, quand ceux-ci ne tiennent pas à l'élévation et à la vérité de leurs propres idées. Enfin personne ne les a contredits. II est difficile de conclure d'un tel accord et de cette unité que là n'est pas aussi le cachet de la yërité historique.

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