SECTION II
L'idée de la sophistique dans les autres écoles socratiques, CONTEMPORAINES ET POSTÉRIEURES, DE LA PHILO- SOPHIE GRECQUE.
Si nous demandons aux autres écoles contemporaines de Platon et d'Aristote et à celles qui leur succèdent ce qu'elles pensent des sophisles, on sera étonné de leur silence. Nous n'avons pas, il est vrai, leurs écrits. Hais il est permis d'inférer de ce qui nous est transmis par les auteurs qu'elles ne sont pas d'un avis difftont. Dans Gioéron, dans Plutarque, dans Sextus, Dipgène de Laeroe, dans Philostrate, il n'y a pas un mot qui fasse croire à une autre opinion, que le jugement porté sur la sophistique et les sophistes se soit en rien modifié. Pas une voix ne s'élève, pas une réclamation ne se fait eoimdre ou ne transpire. D'autre part, on se demande pourquoi, maigre les liens qui rattachent plusieurs de ces écoles à la sophistique, là marne où l'affinité est la plus grande^ aucune de œs écoles n'a voulu aocq>ier la parenté avec les sophistes.
Il en est pourtant qui, comme les sceptiques, ou demi-sceptiques, professent sur la vérité ou sur son apparence une doctrine qui paraît toute semblable; ils adoptent les mêmes arguments et les rq>roduisent. Tous profitent de l'héritage qui leur est légué; mais ils rejettent la solidarité, la communauté du nom et de l'idée. Ces écoles se déclarent distinctes et opposées. Les autres sont tout à fait hostiles et renchérissent encore sur la flétrissure dont les sophistes avaient été l'objet; mais ni les premiers socratiques ^ ni leurs successeurs, les philosophes qui ont succédé à Platon et à Aristote, péripatéticiens, stoïciens, épicuriens, sceptiques et probabilistes, etc., ne veulent ôtre appelés sophistes, ni avoir rien de commun avec les sophistes.
U y a là un problème dont la sdution n'est pas tout à fait, selon nous, comme on le prétend, dans l'ascendant des grands esprits, ou dans le despotisme du génie, qui auraient fondé cette opinion.
LA SOPHISTIQUB ET LBS MÉGARIQUES 351
Il est de ce prétendu asservissement d^autres moùh que nous essayerons de pénétrer.
Passons en revue oes écoles, et d'abord les contemporaines qui sont aussi des écoles socratiques.