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LA SOPHISTIQUE BT LE PYRRHONISME

ni ne nie, il s'abstient de juger (eic^x^t) ; ses arguments sont appelés les époques du doute. Aussi, est-il avec raison regardé comme le vrai fondateur du scepticisme. La doctrine de Pyrrlion marque Tavènement du vrai scepticisme dans la philosophie grecque. Son nom y reste attaché, non celui des sophistes.

Sextus Empiricus, dans ses Hypotyposes pyrrhoniennes, a marqué nettement cette différence, celle qui sépare Pyrrhon de Protagoras et de sa maxime. « Protagoras, dit-il, fait de Thomme la mesure de toute chose, Pyrrhon aussi ; mais le sophiste Taffirme ; il dit qu'il déclare dogmatiquement que les choses sont incertaines. Il déclare aussi que la matière est fluide, capable de toutes les formes. Protagoras n'est donc pas un vrai sceptique ; car lui-même dogmat i se. » (Ibid,)

De plus Pyrrhon est un vrai sage qui conforme sa conduite à ses paroles. Il doute et s'abstient de juger, mais il respecte l'opinion des autres, et ne se met pas au-dessus d'eux.* Il n'est pas égoïste, il s'occupe du bonheur de ses semblables. Aussi fut-il aimé, respecté de ses compatriotes ^ II- fut grand prêtre à Elis. Il avait accompagné Alexandre dans ses conquêtes, vu, comparé les religions, les opinions et en avait retiré une sagesse pratique qui se renfermait dans le doute universel, fruit naturel de ce spectacle. Il n'y a donc pas à le confondre avec les sophistes, et l'antiquité elle-même a fait cette différence pour lui et ses disciples, Timon, Sextus, jEnésidème, Agrippa, etc.

2" Les Nouveaux Académiciens, — Les mêmes raisons s'appliquent aux Nouveaux Académiciens. Eux aussi sont sceptiques et reproduisent tous les arguments des sceptiques ; ils héritent de ceux qu'avaient inventés les sophistes ; ils les renforcent même et en ajoutent d'autres. Eux surtout font ce qu'avaient fait les sophistes ; ils opposent les termes ; proclament {'égalité des contraires (v. Cicéron, Acad. I, II). Comme eux Us font valoir Vopinion (So^a), à la place de la science et de la certitude. Us ne veulent pas du critérium de la vérité.. Comme les sophistes, c'est la vraisemblance (etxad^a) qu'en réalité ils mettent à la place de la vérité déclarée impossible, inaccessible à la raison humaine. Eux aussi sont des dialecticiens habiles et subtils, d'éloquents et brillants discoureurs. Carnéade a bien tous les traits comme tous les talents oratoires qui ont fait dans leur temps admirer les sophistes. Et toutefois l'histoire ne l'a pas classé, ni lui, ni Arcésilas, parmi les sophistes. C'est que pour ces philosophes, qui ne voyaient

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