LA SOPHISTIQUE ET LES ALEXANDRINS
Le passage qui concerne les anciens sophistes mérite d'être cité.
c( La première fois que je parus chez eux, les Grecs ne me firent pas bon accueil, sans toutefois me repousser tout à fait. Peu à peu, le charme de ma conversation me concilia sept amis qui furent mes disciples : Tun venant de Samos, un autre d'Ëphèse, un troisième d'Ab* dère, peu nombreux comme tu vois. Après ceux-ci, je vis pousser à mes côtés tout le peuple des sophistes qui, sans adhérer absolument à mes principes et sans les rejeter ouvertement, ressemble à la race des hippocentaures, mélange bizarre qui participe du charlatan et du philosophe. On ne peut pas dire qu'ils soient tout à fait plongés dans l'ignorance, ni qu'ils osent tenir les yeux fixés sur nous ; mais pareils à des chassieux dont la vue est émoussée^ ils n'aperçoivent de nous qu'une image obscure, une ombre à demi effacée et s'imaginent nous voir tout à plein. Néanmoins ils sont convaincus qu'ils ont de tout des idées parfaites, et de là s'est allumé chez eux le flambeau de cette science inutile et superflue, par laquelle ils se croient invincibles, je veux dire leurs réponses subtiles, équivoques, absurdes et leurs questions sans issue comme un labyrinthe. » (Ibid.)