LA PHILOSOPHIS ET SON HISTOIRE XXXI
ainsi résolus et cela dans Tordre et à la place qu'ils doivent occuper? Pour que cela fût possible, il faudrait supposer que le dernier système à qui cette t&che est dévolue contient tous les systèmes précédents, que ceux-ci sont comme ses membres épars que lui-même doit rassembler. Or, quelles conditions n'aurait-il pas à remplir? Il doit leur marquer à tous leur place, leur ordre, leur importance, mesurer à chacun sa part de vérité en écartant les erreurs, etc., etc. Pour cela, il doit être arrivé à la solution absolue et définitive de toutes les questions que la raison se pose, se proclamer la vérité absolue et universelle. Tout au plus, il n'y aura après lui qu'à combler les lacunes qu'il aura laissées, et à perfectionner ses solutions. Mais le cadre est tracé, et il Test pour toujours avec ses divisions et subdivisions; rien ne pourra le briser ni le déranger. De telles prétentions sont exorbitantes; aucun philosophe n'est capable de les justifier.
Mais, si, en tout cela, le système est faux, il n'a pas moins mis en relief une importante vérité, devenue féconde et que lui* même a plus ou moins bien pratiquée; c'est que l'histoire, en général, celle de la philosophie en particulier, est assujettie à une marche logique et régulière. Les systèmes ne s'y suivent pas au hasard, mais d'après certaines lois qui sont les lois de la pensée spéculative. Ces lois, qui sont celles d'un développement successif et progressif, l'historien de la philosophie est tenu de les reconnaître et de les déterminer. Cette histoire en tire son plus haut et légitime intérêt, ce qui était à peu près inconnu ou trop négligé des devanciers.
Peut-on dire, néanmoins, que la marche de l'esprit dans la formation des systèmes soit tout à fait conforme à celle que doit suivre et que suit la science dans l'étude des problèmes qu'elle agite et qu'elle cherche à résoudre? Non, sans doute, et Terreur ici encore est à relever. L'esprit hmnain débute par certaines questions qui d'abord l'attirent et le captivent. Il passe ensuite à d'autres, qui n'avaient pas pour lui le même attrait, ou qu'il