‹ La philosophie ancienneChapitre 21 sur 194 · XXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXII INTRODUCTION

n'avait pas remarquées et dont il ne soupçonnait pas l'importance. L'ordre ainsi est renversé. Cela dépend aussi de l'état où il se trouve, des besoins qu'il éprouve à un moment donné et des circonstances extérieures où il est placé. Qui pourrait nier l'importance du milieu physique ou moral, résultat du concours de toutes les causes extérieures ou sociales, le climat, la race, la nationalité, l'état social, les événements de l'ordre religieux et moral, l'état des arts et des sciences, les institutions politiques, etc.? Cette complication de causes et d'événements fait varier le cours de la pensée; elle peut changer ou modifier la direction des idées aux diverses époques chez les peuples et les individus. Elle influe sur la solution des problèmes.

Ainsi, la marche de l'histoire et celle de la science sont différentes. L'une est rigoureuse et en droite ligne, l'autre ressemble, on l'a dit, plutôt à une ligne brisée ou ondoyante. Il y a dans rhistoire des détours et des retours. Il n'en est pas des systèmes comme des produits de la nature organique ou même inorganique, des couches du globe, de l'apparition des plantes, des animaux, de la gradation des espèces.

IIL Ces réflexions, qui s'appliquent à l'histoire de la philosophie en général, conviennent encore plus et elles ont toute leur force, quand il s'agit de \d. philosophie ancienne et de la succession de ses systèmes. Nous aurons à les mettre à profit nous-mème et à ne pas les oublier. II faut bien y tenir compte aussi de la variété et de l'originalité des esprits, faire, quoi qu'on dise, la part très grande à l'individualité, ce que n'a pas su observer ce système. Il en est des philosophes comme des artistes (et ici la comparaison est vraie). Il en est aussi comme des savants, des poètes, des hommes d'État, des grands capitaines, etc. Il y a un côté subjectifs individuel et personnel mêlé, fondu avec le côté impersonnel et général. Le génie personnel et individuel d'un Descartes, d'un Leibnitz, d'im Spinoza, si abstraites que soient leurs conceptions, n*est pas sans

Page 1