XLVI INTRODUCTION
les apprécier? Y a-t-il de ces vérités dans les anciens philosophes comme chez les nouveaux? Oui sans doute et personne n'ose y contredire. Parmi ces vérités, il en est d'évidentes qu'il serait absurde de nier, et qui ne sont plus à découvrir ; celles-ci sont parfaitement démontrées. Il y en a plus qu'on ne croit. H y en a aussi de probables, d'autres sont incertaines ou douteuses. La raison humaine a aussi des lois qu'aujourd'hui ellemême reconnaît, des procédés et des moyens de découvrir la vérité qui s'appellent des méthodes ; les unes dont elle connsdt la sûreté, les autres Fincertitude ou la fausseté. Elle sait qu'elle a conunis bien des erreurs qu'elle-même énumère; aujourd'hui, à moins d'être un ignorant, un esprit fieuix ou paradoxal, on convient qu'elles ne peuvent plus renaître ou se renouveler. A mesure qu'elle avance, la route qu'elle doit suivre est mieux éclairée, mieux tracée. Les problèmes sont mieux posés, la manière la plus sûre de les résoudre ou qui conduit à des solutions meilleures ne peut être contestée. Il en est ainsi dans toutes les parties de la philosophie, en psychologie, en logique, en morale, en esthétique. Tout cela ne peut être nié à moins de se donner un brevet d'ignorance ou d'être taxé d'esprit léger.
Si les anciens, qui comme nous ont agité ces questions, revenaient, ils seraient forcés d'admettre que, sur beaucoup de points, ils se sont trompés ; que nos solutions, si elles ne sont pas toutes définitives, sont meilleures ou plus avancées que les leurs. Il en est ainsi de chaque partie de cette science et aussi de son ensemble. La métaphysique elle-même n'y ferait pas exception. Entre les premiers métaphysiciens, Pythagore, Thaïes, Parménide, et ceux qui vinrent après eux, Socrate, Platon, Aristote, il y a bien eu quelque progrès. Un progrès analogue des anciens aux modernes, de Descartes à Leibnitz, u Kant, s'accuse ou se reconnaît. Ce progrès, on serait bien .forcé de l'admettre, ne fût-ce que dans la manière de comprendre la nature, l'étendue, la portée des questions, les difficultés à résoudre, le rapport de ces questions entre elles; et cela sur