‹ La philosophie ancienneChapitre 4 sur 194 · IDÉES FAUSSES DBS SYSTÈMES V · texte numérisé non relu

IDÉES FAUSSES DBS SYSTÈMES V

fiées; elles forment un simple agrégat de connaissances et d'existences dont la liaison échappe à Tesprit^ qu'il ne saurait comprendre, encore moins juger ou apprécier.

Or, parmi les opinions, je ne dis pas régnantes (aucune ne règne aujourd'hui), mais les plus en crédit auprès des esprits cultivés, il en est deux principalement qui nous paraissent fausses et que nous devons examiner, parce que toutes deux, comme on l'a dit plus haut, ôtent à l'histoire de la philosophie son véritable intérêt, son importance et son utilité.

La première est X opinion positiviste. Le positivisme, on le sait, retranche de la philosophie la métaphysique, la recherche des causes premières ou des premiers principes.

Pour nous, ce n'est pas seulement décapiter la philosophie, c'est la nier ou la supprimer. Alors, qu'est-elle en effet? la somme, le total des autres sciences; mais elle n'a pas d'existence propre. Elle sert à enregistrer leurs résultats, à en dresser le catalogue? mais elle est impuissante à en former le système. Le principe d'unité fait défaut, qui doit en relier et coordonner les parties. Les lois les plus générales elles-mêmes ne sont que des faits généraux incapables d'atteindre à l'universalité.

Nous n'essayerons pas de refaire ce que tant d'autres ont fait, de réfuter cette doctrine et d'en relever les contradictions. Nous devons seulement montrer ce que devient, à ce point de vue, l'histoire de la philosophie, celle de la philosophie ancienne en particulier et de ses systèmes.

D'accord avec les sceptiques de tous les temps, les partisans de cette opinion ne voient dans ces systèmes que des tentatives malheureuses de la raison spéculative pour résoudre des problèmes placés au-dessus de sa portée dans la région de l'inconnaissable ou, comme on l'appelle encore, de « Vincognoscible ».

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