L'INDE LA PHILOSOPHIE DES INDOUS
I. La philosophie iNoiEimB en général. — L'Inde (on verra plus loin ce qu'il faut penser de la Chine) est la seule contrée de TOrient, où un certain mouvement de Fesprit philosophique se soit produit, assez puissant et assez suivi pour pouvoir enfanter une philosophie et créer de véritables systèmes. Personne n'ignore qu'il y a une religion, une littérature, des arts, une poésie des Indous^ des monuments qui en attestent l'ezistence avec éclat; on n'oserait dire de même des sciences (la science, pour être cultivée, exige des conditions que l'esprit indou était hors d'état de remplir) ; mais il y a aussi une philosophie indienne, dont les manifestations et les œuvres sont en assez grand nombre et d'une importance réelle assez grande pour qu'on ait cru y voir toute une époque spéciale de la philosophie. On est revenu aujourd'hui, il faut le dire, de cette dernière opinion abandonnée des plus récents historiens (Voy. Hegel, Ritter, etc.).
Nous ne contesterons pas toutefois cette importance dont nous ne serions pas à même de mesurer le degré. Nous demandons seulement que les choses soient appréciées à leur juste valeur et que les règles qui ont été posées plus haut soient ici, comme partout, appliquées.
En attendant que la lumière se fasse sur des doctrines et des systèmes aujourd'hui encore très imparfaitement connus, et que, faute de chronologie, il est si difficile de connaître et d'apprécier, il convient d'être fort réservé dans les jugements à porter sur eux. Connaissant mieux, toutefois, l'esprit indou par ses autres côtés^ et par la manière dont il se révèle à nous dans des domames différents; sachant quels sont ses habitudes, ses tendances, le caractère de ses œuvres principales, il est permis, en y joignant les principaux documents du genre philosophique qui sont mis sous nos yeux, d'en induire le caractère général de toute cette philosophie, sauf à confirmer ensuite notre jugement par l'examen des résultats que nous possédons.
On ne peut nier que l'esprit indou, essentiellement contemplatif, ne soit aussi à un certain degré spéculatif, et il l'a prouvé par ses