LXXXII LA PHILOSOPHIE ORIENTALE
œuvres. En ce qui est d'ordre intellectuel, il s'est montré, dans tous les genres, admirablement doué et d'une prodigieuse fécondité. Ce qui le prouve encore mieux c'est sa langue, le sanscrit, sœur de presque tous les idiomes de l'Europe. Cette langue très savante, d'une perfection granunaticale qui nous étonne, est d'une clarté, d'une souplesse, d'une richesse qui la placent à côté sinon au-dessus de ses dérivés dans l'Europe ancienne et moderne. Un pareil instrument à la disposition de l'esprit qui s'en sert, était propre à le seconder dans les opérations les plus élevées comme les plus délicates de ia pensée. Il lui permettait de former eit d'«xpriiner les idées les plus abstraites, d'aborder «vec soeoès les problèmes les plut ardus de l'ordre métaphysique et moral. Aussi n'y a-t-il pas failli. Mais avant d'en voir le résultat, il est bon de rappeler en quelques mots ce qu'il a fait en d'autres gesres.
L'Inde a une iitténture eampiéte où premieiit place toutes les formes de la poésie, lyrique, épique, dramatique, etc. EDe a des épopées gigantesques, des drames et des chants lyriques qui offrent de ravissantes beautés. La religion védique et brahmaïque, avec ses dogmes d'un sens métaphysique très profond, son sacerdoce puissamment constitué, avec une hiérarchie sociale qui laisse à la caste savairte tout le loisir de se livrer aux travaux de Tesprit, send)lait inviter celui-ci aux recherches les plus hautes, dont la matière et l'occasion lui étaient données dans la profondeur elle-même qui caractérise celte mythologie. Un code de lois (le code de Manou), presque en entier rédigé ou inspiré par elle, n'est pas moms admirable par la morale pure qui y régne que par les prescriptions qu'il jenferme. Les mythes sans nombre, les théogonies et les oosmogonies qui se succèdent attestent, avec un mouvement religieux non encore épuisé, toute la fécondité de cet esprit
Tout eela n^a pas suffi, comme chez tant d'autres peufdes, à l'activité du génie indou déjà déployé dans toutes ces directions. A côté de tous ces monuments se trouvent aussi de vrais systèmes avec le nom des auteurs dont quelques-uns, sans être bien connus^ sont des personnages réels, non légendaires, ou de simples sages, maiâites philosophes. Il y a des écoles où l'on discute et l'on déirat les questions d'ordre philosophique avec une hardiesse et une liberté >u moins apparentes. On assiste à la lutte des doctrines ou des s^fstémes. Des méthodes différentes sont employées; leurs résulta)^ soumis à la crifique sont discutés et appréciés. La logique n'est pa$ absente : instrument de discussion et de recherche, elle les régularise.] Elle a fait plus; elle-même s'est analysée et formulée, elle a décriil