LA. PHILOSOPHIE DBS INDOUS XCIII
gieux qui ont leur autorité dans les Védas admettent cetle base du panthéisme primitif. Brahm ou Brahman en se déterminant devient la Trinité que Ton connaît, sous le nom de Brahma^ Fauteur ou le pore du monde, de Viscknou conservateur, de Siva destructeur par lequel le monde retourne à son unité. Gomment cette trinité ellemême s'explique-t-elle, c'est là le mystère. Il est dit de l'être unique que, renfermé en lui-même, il éprouva le besoin de sortir de sa solitude étemelle et de se répandre au dehors, le désir d'être plusieurs.
De ce désir s'engendra la Trinité elle-même composée de trois êtres, Brahma, Viscknou, Siva, et le monde lui-même fut créé.
Brahma c'est Brahm déterminé, descendant dans le monde, l'esprit animant la matière, Tunité devenue pluralité. Les deux autres divinités sont de même des déterminations de l'être unique et absolu.
Tel est le dogme indou. Uunité en est la base. La trinité ellemôme n'y échappe pas. Cette prodigieuse multiplicité de dieux, les avatars ou incarnations ne font que la continuer sans la modifier.
Tout aboutit à cette conception d'un être unique dont tous les autres êtres, les divinités supérieures elles-mêmes (la Trinité) ne sont que des développements, les autres de simples modes. Tout en est sorti, tout doit y rentrer. Comment le monde, l'univers visible, à son tour, s'explique-l-il? l'explication varie, car le dogme n'est pas clair. On y voit et on peut y voir le dualisme de la matière et de Yesprit^ V émanation, Vévolutiony la rémanation, tout, excepté la création comme nous l'entendons.
Maya, l'amour coétemel et fille du tout-puissant, est dite le premier principe de toute création. Mais elle-même, la matière première, qu'est-elle? elle est Yillusion et elle n'existe pas. En elle néanmoins résident les trois qualités ou trois couleurs de la Trimourti, expression symbolique. Quoi qu'il en soit, c'est elle, cette Maya qui, par l'attrait de sa beauté, fit sortir le Très-Haut du sein de ses profondeurs. Par leur union féconde la pensée de l'étemel devint visible et l'univers fut engendré. Une autre explication parle de l'amour et du désir, de la bonté divine, etc. Du désir^ soit; d'amour ou de bonté, cela n'a plus de sens, de la part d'un être vide^ sans attributs. Telle est la base métaphysique de cette religion dont le Védanta est la philosophie ou plutôt la théologie.
Ce n'est pas à nous à entrer dans les détails de ce vaste système symbolique et mjrthique, de la cosmogonie des Brahmanes, à décrire ces personnifications des parties de l'univers (astronomie, cosmographie, géographie, physique, morale, histoire delà hiérarchie des êtres ; etc.), à débrouiller cette théogonie d'innombrables dieux qui rentrent les