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XCIV LA. PHILOSOPHIE ORIENTALE

uns (fafis tes autres, <m se disrtinguent à peine, par lesqueb s'expliquent les phônemèiies de k nature physique et morale. Mw nous signalerons le côté pratiq%ie, qui résuite de l'cnsenible 4e celte coûoeption tbéorique ou spéculative.

Quel en est le trait principal et caractéristique?!*' La supériorité du savoir ou de la oonnaissanoe sur Vactimi propreiaent dite, et cela à tous les degrés, dans t<»utes les formes où ïactivité extàîeure et intérieure se révèle et est tentée de se manifester; i'' dans la connaissance elle-Dftôme, Tinfériorilé des actes comparés à Vmtuition;3'^h suspension complète de toute activité où se révèlent l'éneiigie de Tesprit et la personnadité, La science dissipe {^ignorance et cette science qu'est-elle? la consdenoe de TidcAtité avec Dieu, Tètre unique et universel, le retour à l'unité. Le reste est illusioii, erreur et mensonge.

Cette doctrine sort de la tbéoiie, die est conforme à la spéculation. Le retour à Tunité, le salut cherché dans la délivrance^ Tabandon «omplet de l'action avec la personnalité. S'absorber en DieUy tel est le corollaire. Le monde est une chute; plus il se développe, plus il s'éloigne de son principe.

Le mlut doit être cherché non en avant, mais en arrière dans la libération finale ou la délivrance de l'existence. Les moy^ss seront d'abord des actes, mais qui tous mènent à l'inaction; le moyen suprême est la science, la science contemplative , non active ; suivent tous les autres moyens par lesquels on arrive à l'identification ou à l'absorption finale, à Yextase, à l'identité absolue du sujet et de l'objet, A Vtméantissement complet de toute personnalité, etc.

La philosophie du Védanta expose et décrit tous ces moyens, en détail, tous les degrés pour atteindre à l'unification avec l'être.

Le Sankhya théiste de Patandjali (l'Yoga) fait de même, sur œ point en parfaite communauté d'idées avec le Védantisme.

On voit comment la philosophie et la théologie, dans l'Inde, non seulement sont sœurs, mais en réalite ne diCEèient pas et se réunissent dans le système édos de la religion et qui en est l'interprète. Mais, de plus, les autres formes de la pensée ne sont pas non plus à ce point distinctes qu'elles ne rentrent les unes dans les autres et ne s'introduisent dans leur domaine respectif où elles doivent se maintenir indépendantes ou séparées. Ainsi en est-il de la poésie, de la théologie et de la philosophie. L'exemple le plus frappant en est donné par les grands poèmes épiques à la fois religieux et philosophiques, les épopées colossales où l'on trouve, comme épisode, tout un système

de philosophie mis dais la bouche d'un des héros, exposé et enseigne avec tons ses détails et ses développem^ats. L'épisode, souvent cité, du Bagavad Gita est trop connu pour que nous ayons à en rappeler aolre chose que le début; savoir rémunération dithyrambique des qualités de Dieu, éBnmération qui se déroule presque sans fis avec le grandiose naïf de la poésie orientale.

« Je suis Fauteur de la création et de la dissolution de TUnivers..*. Je suis la vapeur dans l'eau, la lumière dans le soleil et dans la lune, rinvocation dans les Védas, le son dans Tair, l'énergie masculine dans lliomme, le doux parfum dans la terre, Téolat dans la flamme, la vie dans les annnaux, le lèle dans le zélé, la semence étemdle de toute la nature; je suis la sagesse du sage, la puissance du puissant, la gloire de celui qui a de la gloire.... dans les êtres animés, je suis

Tamour chaste, e(e Je suis le père de ce monde et j'en suis la mère,

le grand père et le tuteur. Je suis bi doctrine secrète, l'expiation, le saint monosyllabe.... J'ai dans une main l'ambroisie et la mort, )e suis l'être et le néant, etc. » (Entretien de Chrisha et A'Adjouma,)

V. CkmcLCBiON GÉnËâALi. — Nous n'irons pu plus loin dans cet aperçu de la philosophie indienne; ce qui précède suffit à justifier ce qui a été dit de ses caractères. Le peu qui noiB est connu de ees systèmes trahit l'absence d'une réflexion libre et personnelle; oeUenn est attestée déjà par l'incertitvde complète Klativement à leurs auteurs, le vague et l'obscurité qui enveloppe leur existence. Mais une foule d'antres défauts sur lesquels il serait oiseux d'insister, seraient à relever si l'on voulait établir une comparaison, avec la philosophie «ocidenlaie, de cette philosophie indoue, en particulier, dont les mérites et llmportance ont été beaucoup trop vantés. Les reanmblances aussi ont été fort exagérées; en tout cas, sur tous les points où eétte ressemUanoe peut se révéler, l'infériorité est frappante et la distance est immense.

Le illogisme à lui seul et toute sa théorie en fourmt un exemple. Il en serait de mèmt si, abordant le fond des doeirines, on venait à pemwiivre le parallèle sur les problèmes qu'agite la philosophie €t sur lesquels les Grecs nous ont laissé des solutions imparfaites sans doute, mais d'une toute autre valeur. Le vague, l'obscurité qui pUaent sur toutes ces conceptions de la pensée indienne, la ooolusion qui les envdoppe, seraient sans doute le principal obstacle à cette oomparaison. Mab à 4]uoi tient cette obscurité î L'ignorance où nous sommes et qui, nous le craignons, ne sera jamais bien dissipée, n'est pas, qumqu'on dise, la cause principale; elle ne tient pas non plus à la langue, celle-

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ci très claire et très bien connue, dans laquelle ces monuments sont écrits ; elle vient de la pensée elle-même qui les a créés, de l'esprit qui en est Tauteur.

Ces systèmes sont nombreux, mais mêlés, non distincts, sans enchaînement logique qui permette d'en suivre le développement. Le mélange des éléments hétérogènes, poétiques, mythologiques, aphoristiques, ajoute à cette confusion. La forme d'exposition qui est celle à'aphorismes, soutrasj auxquels se joignent des comment av^es, montre bien que non seulement la méthode de recherche n'est pas trouvée, mais que les résullats ne sauraient se démontrer et être régulièrement discutés. Le procédé est dogmatique. Le raisonnement est subtil, s'il n'est compliqué. Fait capital déjà cité, les sciences d'observation et de raisonnement n'ayant pas suivi ou accompagné l'esprit philosophique dans sa marche aventureuse vers des régions si difficiles à explorer, il a dû, ou s'y perdre sans prendre pied dans la réalité, ou n'étant ni soutenu, ni fécondé, ni élargi, ni renouvelé et rajeuni, tournera peu prés dans le môme cercle. De là la monotonie fatigante qui assiège le lecteur européen, au milieu de ces révélations. Partout l'imagination reprend le pas sur la raison, l'offusque de ses images et l'entraîne à tous les écarts. Aussi rien de clair, de suivi, de régulier dans la marche ou l'exposé de ces systèmes. Il sera toujours, selon nous, difficile d^y porter la lumière. Ce qui explique en partie le peu de progrès de la science orientaliste de ce côté de ses recherches.

VI. Comparaison avec la Grèce et sa PHOiOsopmE. — Nous ne pouvons nous défendre, quoique étranger à ces études, d'une comparaison avec ce qui, à nos yeux, est la vraie antiquité philosophique et classique, la philosophie grecque et ses systèmes, et d'en faire ressortir le contraste.

Selon nous, ce n'est pas même l'aurore de la philosophie qui nous apparaît dans l'Inde, ni nulle part ailleurs, à plus forte raison, en Orient. Mais que l'on se transporte en Occident, dans cette petite contrée du globe où la philosophie a vraiment pris naissance et qui fut son berceau, où elle a grandi, s'est exercée et déployée en toute liberté, où elle a, dans son enfance, sa maturité et son déclin, produit tant de systèmes si variés, si originaux, où elle a élevé ses écoles à côté et à la suite les unes des autres. Là, tout est clair : les doctrines et les hommes qui en sont les auteurs. Le nom, la vie de ces philosophes sont connus. Ces systèmes se conçoivent, s'organisent et s'exposent régulièrement. Us se suscitent les uns et les autres, entrent en lutte,, se combattent ; mais leur antagonisme lui-même se conçoit et se com-

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