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LA PHILO;; OPHIE DES INDOUS XCVII

prend. Leur ensemble forme une action régulière, comme les actes et les scènes d'un drame, du drame de la pensée, aussi clair et intelligible pour nous qull fut alors, après bien des siècles que les héros en sont disparus.

Une dernière considération s'applique à tous les systèmes de la philosophie des Indous, c'est que le but auquel ils tendent, ce qui les sépare profondément de la philosophie grecque ou occidentale, n'est pas un but réellement scientifique et philosophique, la connaissance du vrai. La recherche en un mot n'y est pas désintéressée.

Ce but, on l'a vu, le motif premier c'est, comme en toute religion, la délivrance de Fâme^ son affranchissement du corps et des liens de lexistence terrestre. Ce motif peut bien se trouver aussi dans certaines écoles et dans certains systèmes de la philosophie grecque, dans Pythagore, dans Platon par exemple et dans les Alexandrins; mais il n'y est pas donné comme exclusif, ni premier. La science y est proclamée bonne en soi, la vérité digne d'être recherchée pour elle-même. La science n'y est pas, comme dans llnde, un simple moyen. Du moins en est-il ainsi des grands systèmes (Voy. Aristote, J/é^., I; Platon, Bép,, VI), avant que le déclin se fît sentir et que la spéculation pure, dans une époque avancée, eût fait place à une recherche plus exclusive de la fin morale à laquelle elle-même est subordonnée. Et encore même, dans toute ces sectes, stoïcienne, épicurienne, sceptiques et demi-sceptiques qui succèdent au platonisme et au péripatétisme, jamais la science ne fut asservie à ce point, envisagée comme instrument affecté à la délivrance des maux de la vie présente. Toujours l'esprit grec a su se maintenir dans une région plus sereine, rester libre de toute préoccupation supérieure à celle de s'expliquer à luimême l'énigme de la vie, tout en cherchant, dans la solution du problème, la lumière dont la volonté humaine a besoin pour se guider, pour en faire la règle d'une conduite sage et raisonnable propre à la mener à son but, Taccomplissement de sa destinée. De plus, cette fin pour elle, {e bonheur^ elle le place dans Vaction (eù8a({jiov(a Iv ;tp«5«i), selon la formule d'Aristote (Poéiiq.y VI).

Tout cela met une profonde différence entre les deux esprits et les deux philosophies.

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