‹ La philosophie ancienneChapitre 58 sur 194 · LB BOUDDHISME CIII · texte numérisé non relu

LB BOUDDHISME CIII

Dès qu'elle est comprise, celle-ci, conséquence du dogme, la refoule, la contredit. C'est Tinaction pure et simple, la passivité absolue, germe des plus déplorables vices et des plus tristes aberrations. Ce qui y est appelé science^ vertu, le fruit de la contemplation, c'est la conscience brahmaïque d'être Dieu, identique à Brabman; c'est aussi la négation sous toutes ses formes, de la douleur, négation donnée comme bien suprême et qui s'obtient par l'anéantissement. Bref le pessimisme en sort naturellement comme manière d'envisager le monde, en particulier la destinée bumaine. Dans la pratique, la négation c'est l'extinction de tout désir, de toute activité, de la pensée même et de la volonté, de la vie en un mot, et de tout ce qui en fait le prix. C^est l'absorption dans l'être, lui-même indéterminé, sans attributs, vide, l'équivalent du néant, le Nirvana. C'est justement le contraire de ce qu'enseigne le diristianisme, de son dogme et de sa morale. Lui fait consister la perfection de Dieu, l'être parfait, dans la pléiitude de rétre et la jouissance de tous les attributs. Pour l'homme, eDe réside dans la ressembhnce possible à Dieu, le bonheur dans la réunion arec Dieu, l'être parfait, union qui, loin de l'anéfflutir, hii confère It vie au plus haut degré, la jouissance de ses vraies facultés. Ici Vaffirmation, là la négation. La doctrine orientale diffère aussi par 90E ei^irit de la pbibsoidiie grecque, laquelle place le bonheur dans ractivité parfaite, eelle-ei, en acte, du moins avec Aristote {Étk. Mc.j X), comme on le verra en son lieu.

Aeste à savoir si cette doctrine a eu, comme on l'a dit, son analogue ou son reflet dans la phâosophie ancienne, grecque et romaine. Cette âemîère a-t-elle reçu à quelque degré son influence? Ce ne serait tOHJoors qu'à l'époque où la Grèce s'est trouvée en rapport avec l'Inde par les conquêtes d'Alexandre. Mais, pour nous, cette influence n'est nullement démontrée. Et nous avons formulé notre jugement à propos d'Hégésias et de son pessimisme (p. 341).

En tout cas ce s^ait à la fin, à son déclin, dims la dernière période, au moment du mélange de tontes les doctrines religieuses et philosophiques, que cette influence se serait fait sentir. Mais dans tout le «ours de son histoire, il n'y en a pas de traœs sérieuses. Le génie grec est essentiellement actif. Le mouvement, Taetion, on l'a dit, pour loi c'est la vie, il y plaee aussi le bonheur. Tous les grands philosophes de la Grèce sont optimistes, Socrate, Platon et Aristote, Heraclite et Démocrite eux-mêmes, et les sceptiques. Mais nous ne devons pas «nticipar.

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