‹ La philosophie ancienneChapitre 62 sur 194 · C7UI LA. PHILOSOPHIE ORIENTALE · texte numérisé non relu

C7UI LA. PHILOSOPHIE ORIENTALE

ils en usent.) Quant aux meubles et aux arts décoratifs, ils y excellent par le Gni, la matière et le détail; mais c'est aux vrais connaisseurs de nous dire si la singularité n*est pas pour beaucoup dans le prix qu'y attachent les amateurs de curiosités.

En somme (et c*est aussi notre conclusion) « la Chine n'a rien qui mérite le nom d*art. Avec sa merveilleuse habileté de main et son goût pour l'élégance, elle n'est jamais arrivée à l'expression de la beauté, de môme que par ses procédés matériels, son empirisme parfois si exact, elle n'a rien qui ressemble à la science» (£. RenmyÉtud.^t.^f. 362) «.

Or, pas d'art, pas de philosophie. De Tun comme de l'autre, Tidéal est la condition (Voy. supra, p. xxv).

i^ Les Chinois ne sont nullement un peuple religîetix. Leur esprit positif confiné dans la vie présente est trop absorbé par les intérêts matériels pour songer à un autre monde, prendre souci de ce qui est au delà de l'existence terrestre. Les questions de l'origine et de la destinée des êtres, des fins supérieures et des destinées humaines, les laissent indifférents ou sceptiques. (Voy. Tcheng-Ki-Tong, Ibid.) Un vague déisme ou un athéisme pratique s'allie très bien à une religion officielle elle-même très vague et très grossière, qui s'adresse aux forces de la nature, aux mânes des ancêtres, sorte de panthéisme naturaliste où la superstition, qui s'allie très bien au scepticisme, symbolise ses conceptions par des représentations informes ou hideuses. Les pratiques et les usages traditionnels, le culte des morts et des parents sont l'essentiel, le fond principal. Pas de foi sérieuse, pas de dogmes, pas de théologie; un souverain mépris pour les croyances positives, une tolérance très grande mêlés a l'intolérance pour ce qui s*écarte de la tradition ou venu du dehors, menace de l'ébranler ; un clergé avili, ignorant, vivant dans l'abjection (les bonzes), voilà ce qu'est la religion, que remplace, dans l'enseignement, la doctrine de Confucius, elle-même toute positive et réduite à la morale, traitée elle-même comme religion d'£tat, base de l'éducation dans les écoles.

Une philosophie n*est pas une religion; mais l'objet est le même; le fond des dogmes est métaphysique. D'une religion sort une philosophie semblable ou opposée. Ici, du sein, ou à cêté d'une telle religion, comment concevoir qu'une philosophie vraiment spéculative ait pu naitre et se développer ?

3^ Toute vraie philosophie, capable de progrès, doit marcher de front avec les sciences positives. Autrement, si elle existe, elle ne saurait progresser, elle s'immobilise. Or, on l'a vu, dés le début, l'esprit chinois est arrêté , noué , paralysé : sa langue et son écriture

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