LA PHILOSOPHIE DES CHINOIS CXI
pbie, rationnelle si Ton veut, mais toute spontanée et de sens commun, avee ce qui est dû à la spéculation proprement dite, à une science raisonnée libre et indépendante, et purement individuelle.
La métaphysique est empruntée ou fait absolument défaut. Si Ton tient absolument à ce qu'il y ait une philosophie spéculative en Chine, on pourra juger de ce qu'elle est par l'échantiUon suivant, tel qu'il est donné dans V Y-King, le Livre des principes^ le monument le plus remarquable que contient toute cette sagesse spéculative (Pauthier), et dont Torigine est attribuée à Fo HL Le principal est une table avec de grands caractères trouvés sur le dos d'un dragon ailé. Ces caractères sont des lignes (des raies) qni se succèdent et se combinent. Les Chinois lein* attribuent une haute signification ^ Us disent que ces lignes ou stries sont les racines de leur langue comme de leur philosophie. Ce sont en effet les catégories les plus abstraites et les plus superficielles de la raison. Qu'ils aient conçu ces pensées abstraites, c'est un fait remarquable, mais ils ne sont pas allés plus loin. En réalité, rka de vraiment spéculatif. Tout se ramène à des représentations communes et grossières. Exemple : les deux figures principales sont : \^ une figure horizontale, puis une de la même grandeur. La première représente le parfait (le père), le viril, Yunitéj comme chez les Pythagoriciens, c'est aussi l'affirmation. La seconde représente Vimparfait (la mère), le féminin, U dualité, la négation. Ces lignes sont en grande vénération, ce sont les principes des choses, elles sont combinées entre elles, d'abord en deux, d'où naissent quatre figures, le grand Hiang^ le petit Hiang, le petit Zin^ le grand Zin. La signification de ces quatre igures est la matière^ le parfait et Vimparfait, Suivent les eombinai- S01B diverses jusqu'à soixante-quatre figures; origine de tous les caractères de la langue, elles désignent les éléments d^ choses : 1^ le ciel; 2* {'eau pure ; 3* le feu pur; ¥ le tonnerre ; S" le vent, etc. Telle est la base de toute la sagesse chinoise et de toute étude du genre spéculatif '.
1. Lao'Tzeu. — Pour suivre l'ordre chronologique, au moins ici facile à reconnaître, nous commencerons par Lao-Tzeu qui doit avoir vécu avant Gonfocios, environ 600 ou 700 ans av. J.-C.
1. Voy. ce qu'en dit Tcheng-Ki-Tong dans son lÎTre déjà cité, Les CkUwis peints par eux-mêmes,
2. a II n'y a, selon Hegel, rien de spéculatif dans la Philosophie morale de Conficius. L'Y'King est une table de catégories, mais il ne su/Qt pas de considérer les catégories en soi, il faut encore les considérer comme des puissances naturelles et inltllectuelles. D'après le Tao-King, le Tao (le logos, la raison) est le père de rmÎTers;!! y est, de plus, question de quelque chose de primitif, qui est la source de tout ce qui existe : c'est le néant, le vide, Yindéterminé, Tabstraction pure; mais, dit Hegel, ce n'est là qu'un mdiment de spéculation. « Wihn,, t. IV, p. 3.