X INTRODUCTION
losophesy de Platon, d'Aristote ou de Socrate, de Zenon et de tant d'autres, est devenu partie intégrante de la pensée humaine, même la plus moderne, dans tout le monde civilisé. De plus, pour qui sait voir clair dans la marche et la succession des systèmes et ne se tient pas à la surface, ceux-ci ne se succèdent pas seulement, ils s'enchaînent et s'engendrent les uns des autres. Leur lutte même est la condition de leur développement. Il y a une liaison et une continuité qui échappent aux regards vulgaires, mais qui se révèlent aux esprits attentifs, capables de les comprendre et de les juger. Dans leur action réciproque, ils forment un ensemble et un tout harmonique, qui se développe en vertu de lob nécessaires ^
La conclusion est celle-ci : quoiqu'on puisse objecter contre la vérité des systèmes, celle-ci n'en est pas absente, elle y est réelle, non fictive. Elle-même, la métaphysique, qui en est le centre ou la base, la contient; mais elle s'y développe; la loi qui régit toutes les formes de la pensée, s'applique aussi à elle, quoiqu'il soit moins facile de l'apercevoir; c'est la tâche du vrai historien de la philosophie de la sabir et de la démontrer.
Mab ce que les moins intelligents des adversaires, ce que les plus prévenus contre les systèmes et les plus disposés i les déprécier ne peuvent méconnaître, c'est la vaste et profonde influence que les doctrines des grands philosophes, même de l'ordre spéculatif, ont exercée sur les événements du monde réel et sur les autres formes de la pensée humaine, sur les sciences, les arts, la religion, la politique, la littérature, etc.
Si telle est l'idée qu'on doit se faire de ces systèmes, on voit quel intérêt s'attache à leur histoire et i celle de la philosophie ancienne en particulier. Ces systèmes appartiennent à la civilisation dont nous fabons partie bien que le monde où ils ont paru ne soit plus le nôtre. Ils sont, comme on l'a dit, du passé mab aussi du présent. Chacun d'eux, dans ce qu'il a de vrai,
i. V. ScheUing, Écrite phU. de notre iraducUon, p. 324 et soIt. ; De la sueeessUm de$ SysUmm phUo$ophique$.