LE PESSIMISME ORIENTAL
ET LE MODEIQfB PESSIMISME (ÇÂKYi. MOUNtËT SCBOPENHAUEB).
Comparer le pessimisme germanique acr bouddhisme était très naturel; rtms oa en a, sefon nous, fort abosé : soin voulons ici înÂicper quelques différences.
Scnopenhauer lui-même s*est plu à ^gnaler la très grande conformite^(die grosste Ubereinstimmung, [Wme, lï, 186) du bouddhisme a^ec sa philosophie. H meiste sur tes poiott de rtMeroUance ^41 explique et justiûe à sa manière (I6id.). Mais la différence aussi, à nos yeux, est très grande : !• elle vient de l'origine différente des deux doctrines, de respnt qui les a conçues, dti milieu et de Tépoque où elles se sont développées; 2o elle affecte le fond niém« des doctrines; 3<» elle se manifeste dans la forme et les conséquences pratiques.
K Le pessimisme tndou, né de Tesprii indou^ est comme lui contemplatif plutôt que spéculatif. Né de la contemplation solitaire, il n'a pas le caractère abstrait, idéaliste, qu*a le pessimisme allemand; mènie quand celni-cî est naturaliste ou matérialiste. Le trait saiUaot, eacactéristique de Fesprit allemand, c'est de renfermer en soi les contraires, d'être à la fois idéaliste et réaliste, sentimental et très positif, sensuel et mystique, personnel et impersonnel, égoïste et désintéressé; d*offrir lecentraste d'une personnalité très forte, propre aux races du nord, jointe à une égale facilité à abdiquer la volonté.
Le pessimisme indou n^offre pas cette opposition. II est simple, doux, naïf, résigné, passif et patient, vraiment qniétiste.
Le pessimisme indou est né d'une religion et est resté une religion. Le pessimisme allemand est le fils bâtard ou légitime de la philosophie allemande, avorton ou rejetbu, peu importe. Aussi est il resté un «système, purement phHasophique, et néme, il te dit bien haïut, tout scientifiqîàe. De là des différences profondes, mais le fait lui même est très significatif.
Venu à la suite dn' mouvement spéculatif an sein Chique) se sont produits les grands systèmes et les gigantesques constructions métaphysiquesy il est le corollaire naturel et direct de ce mouvement. On a dit que 'c'était une excroissance de la philosophie allemande et plutôt un rejeton du sensualisme français (Harmsy Ate PfUL seà Emtr p. 577). Cela est faux.
Sans discuter k fond, ni nier les autres causes, nous dFsons que le pessimisme allemand vient en ligne directe de la pensée phiio^phiqne allemande, dans le« deux directions idéaliste et réaliste de» systèmes qui ont succédé au kantisme.
1° Qu'on suive la voie idéaliste : Peut-on nier que rindivîdn ne disparaisse dans tons ces systèmes? Est-il vrai que le néant de la vie individuelle y est k peine dissimulé sous le» arides formules de cet idéalisme? Quelle place le moi absolu de Fichte, Videntité absolue de Schelling, Vidée absolue de Hegel laissent-ils à l'activité libre de l'individu et à la destinée particulière de la personne humaine?
IX PESSIMISME O&IBNTAL Gir?n
L^absorptioa d« particstierdans le géséral et te général dans rnai- Tersel est no caoractère commua, amié de ces systèmes. Les mats de «afectibiMté indéfiiiie, de proeam*8 et d'évabdêên^ qm eooYiennaai à Pespèce, ne peuvent masquer ce résultat : ie néant de rindnFÎda sacrifié à l'espèce oa à Vidée. Qm'7 a4-il d'étonnant qn^à peme xereBii de son ivresse spéculative Tespcii all^nané s'en soit ape^ el le constate? L'homflw sa Toit alors ee fs'il est d»is soa épëénièra et cfaétive existence, le jovat miaérmble é^ni cruel destin e« dfmM inéiiiclable fatalité. Dans les moments où la vie hn parait loavde, afvèt de grands^ elforts de pensée et d'action,, mène gleneas ponr m people, il retombe sur loi-méme et s'apprécie ca qu'il vaut. Gomment alors ne serait-tt pas tenté de préférer à cette m le néant? Comment échapper à cette idée môme si en but morais éWvé, hû es4 proposé? Si dans la poursuite de ce but il n'est pas libre et si son bonheur n'y est pas attaché, comment la tristesse, une tristesse profonde, n'cnyaturait-elle paasoo âme?
G'est-là, dit-on, de Tégoîsme. L'indifidu par lui-même n'est rien» et ne doit jamais s'isoler ^ se prendre pour ob^iet; sa vie est celle de Vhufoanitè. — Soit; mais cette humanité elle-même, quelle est sa destinée? Est-elle plus heureuse^ et son sort est-il plus enviable? Elle aussi est étendue sur un lit de douleur, attachée au Golgotha; son histoire est le calvaire de l'esprit absolu (SchadelstcUte des «bsobêies Qeistes). (Hegel, PA^, H. 47-50.) Cette histoire, qui est celle de ses luttes. Test aussi de ses souffrances ; elle ue s'avance qu'à travers les ruines. La vie et la mort s'y succèdent, et la douleur les accompagine. Le sacrifice est entier de la part de l'individu.
On a beau ne parler qu'à la raison, déguiser tout cela sous les formules de négatif et de pasitif, dire que le positif absorbe le négatif
SibicL), l'affirmation la négntim», que les individus sont conservés lans Dieu, qui ressuscite de toules les morta, etc»^ proclamer le triomphe de l'esprit {ibid.)y etc. ; tout cela est leurre, illusion pour l'être sensible et peraonael qui lutte et qui souffre sans compensation ni espoir de compensation de la douleur présente.
Schopenhaner n'a figiit que recueillir ces résultats et les fornuder en système. Bien qu'il ait injurié ses prédécesseurs, il les continue; sa doctrine est la synthèse du passé, la réunion incohérente des deux tendances opposées, idéaliste et réaliste, de la philosophie allemande.
2<» La direction réaliste mène au même résultai :
Iciy qu'est-ce que l'individu? Uu pur phénomène, sans substance, ni valeur propre, une apparence fugitive qui s'évanouit dans réternefle durée. Le nihilisme est la formule exacte. De plus, Vbédonisme ici reparaît. Le plaisir, ou le bonheur sensible, est donné comme le but de la vie, impossible à atteindre, car la douleur prévaut. En ce paiut, Bégésias et Schopenhauar sont tout à fait d'accord. (Voy. p. 240.) De plus, comme Schopenhaner est matérialiste, scnsuahste et athée, la ressemblance est manifeste, mais la différenca subsiste.
II. Un examen sérieux du fond des doctrines ne peut avoir ici sa place. Il révélerait d'autres différences. Signalons ouelques points par Tauteur lui-même indiqués : l^* la conception bouddhique du mal physique comme résultat d'un mal moral, faute, chute, aberration du premier principe, — d'autre part, ïobjecfivatUm de ce principe résultat de la volonté à la vie.. Tout cela, dit-on, est fe même des deux côtés, l'effet est semblable : volonté mauvaise, monde mauvais. (Wie der FiKe, so ist seine Welt, H. 430, p. 322). — Au moins la langue est diffi&rente et Çakya aurait eu quelque mal à l'entendre,
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à moins de prendre ses grades dans une université. — 2» La nature ne doit attendre son salut, sa délivrance (Erlôsunff) que de Phomme
la métempsyeo$e. C'est, on le sait, le pivot du bouddoisme. Ce dogme, le philosophe allemand l'admet-il? pas précisément, mais il s*en tire habilement par la distinction commode de Vexotérisme et de Vésotértsme.Pour les initiés, ce serait plutôt une « palingénésie » et alors les systèmes seraient d'accord. — v* Je passe sur Topposition bouddique de la Sansara et du Nirvana répondant à Vaffirmation et à la négation de la volonté à la vie (Bejahung, Vemeinung), au Sakhepat des Védas, à r^ic^tva des nouveaux platoniciens. (Ihid.)
m. Les différences dans la forme et les conséquences pratiques ne sont pas non plus à négliger. Le pessimisme indou a une forme religieuse, mjTthique et symbolique qui n*est pa^ celle du pessimisme grec, encore moins celle du nouveau pessimisme. La pensée s*exprime par sen-
tent au suicide. Le pessimisme allemand, qui s^enseig-ne dans les universités, est bien aussi argumentateur et disputeur, mais nlutût didactique; il affecte la forme scientiflque et démonstrative Froid Pt compassé, il est hérissé de termes techniques et de formules metaphysiques; Il dédaigne le ton oratoire et s'autorise de la science n se livre à de savantes analyses; û fait Tanatomie des nlaiJr. «f ^ peines. Il n'a pas une moindre nrétentinn à aiL P.Ï \^ ®^ ^®* Comparer les bi^ns et les mauT i^ tient nn . J^^ Post^t^ Venant à des çains et des pertes, et fïït sa baïLr^ \T'^\T Ç^" ^^^^^^ d'un banquier qui W sa caifie «î%.!f?°^- H procède à la manière queroute de la vie humaiSt^Tr^î u^T "^^'^ ^^*"' ^ «*» «o'^ ^a ban- ^ Le pessimisme alleSd* il^^ Hartmann, PkiL de Hnconsc.) laUf, ce qui, il fautT Sr!. ^ "^""f "'''' ^'^ spéculatif et reste spécu- S'ilfaitVaucouîVaVôî^^^ i^n^T" «"«apparence peu sér^u^. béorie, môme Ia«*^^T.,^^?P ®^» ." ^5 ^^ conduit pas au delà de ia pure
AUSSI. le premier 75^dm.vTf-r a '"* ^®" ^® P^t»"^ '«^^^'e. nnKrA^S^^^'î *« dernl^r^l fj^^ 1^' ^*^î ^^ second (grec) a fait publié de gros voluSJs multin /i"*''l''"'S^ ^^ ^"« ^«« P^^^- " * ^sent comme chez nolif L^î^^ii^ ^®* brochures ou les articles, qui se
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