LA. SUITE DES SYSTÈMES
Ce qu'ils enseignent est plus négatif que positif; mais ils excellent à faire triompher leur opinion, à tout prouver et à tout persuader. Indifférents à la vérité, ils montrent que tout peut être rendu vraisemblable. En toute chose, ils savent considérer et faire valoir la face qui leur convient. Telle est la sophistique^ qui apparaît à la fin de cette époque à la suite de toutes ces écoles et de ces systèmes. Considérée an point de vue purement philosophique, elle est un événement nouveau d'une haute importance dans le développement de la pensée abstraite elle-même ou métaphysique. D'abord ellemême est sortie de la lutte, et son origine, quoique diverse, est dans ces écoles. Un art nouveau est né de cette lutte, la diaîectir qtie, qui engendre Yéristique^ Part de la dispute, art subtil, avec lequel la sophistique attaque tous les systèmes et les réduit en poussière.
Un résultat plus pos^, et qui lui assigne sa place dans celte histoire, est de ramener Tesprit sur lui-même, de le forcer à réfléchir, à interroger les bases du savoir. Sceptique, elle ne fait pas douter; die donne à Tesprit plutôt la conscience de sa puissance et de ses forces; elle hii apprend que par la culture il devient maître souverain, puisqu'il dépend de lui de faire en tout prévaloir son opinion et de gouverner ht multitude.
Mais ce premier degré de réflexion n'en serait pas moins fatal à la science, qu'il rend impossible. De plus, il s'arrête à la surface nobile de la connaissance, celle de la sensation et de l'opinion ; dans Taction il fait prévaloir Végoïsme et l'arbitraire, qui détruisent la moralHé.
Pour avoir une connaissance vraie de lui-même, l'esprit doit aller plus avant, descendre au fond de sa conscience et, sous la sensation, découvrir ce qui est l'essence même de sa nature, la raison et ses idées étemelles. Cette révolution, Socrate Taccomplît. Avec lui, s'ouvre réellement l'ère nouvelle. Il est le fondateur de la science et de la morale appuyées sur la même base , le promoteur de tous les grands systèmes qui viennent après et qui forment uae seconde époque de la philosophie grecque .
Tel nous parait être le mouvement général de la pensée dans cette première période, la succession des systèmes qu'il s'agit d'étudier de plus près, sinon en détail *.
1. Sur la BoHe ci le rêle de «m systèmes, voyez les opMoos différeates de UiUiTj Brtmiis,Méf9l, «ofctDifItr, ZeUer, A. Bfcky F. Couiin^ elc.