PYTHAGORE
Outre l'opposition à l'esprit grec, les rapports étaient faux de eette petite société avec les cités démocratiques de la Grèce. En TOn citerait-oA Vexemple de Sparte et de Lycurgue. Les conditions j étaient tout autres. Là, le point d'appui éuit dans les mœurs, Fesprit de la race dorienne et la nécessité. Ici, c'est une idée abstraite, éclose dans la tète d'un homme épris d'un plan idéal. Voulant tout créer et de toutes pièces, il n'accepte pas le peuple tout entier, comme Lycurgue. Dans sa réforme, il choisit, il lui faut une élite. Au lieu d'absorber la nation entière pour la régénérer en la dominant, il introduit une société dans une socié té et bâtit un monastère philosophique. Il fende une espèce de couvent dans un quartier de Crotone, séparé par un rempart du reste de la population : Ui separatam vitam exercèrent a ecBieris civibus. (Saint Justin, XX.) Cela seul dut rendre Tinstitntion suspecte et odieuse. La petite société devait périr, étouQée dans la grande ^ Aussi elle dura peu. A pône éclose, elle disparut dans un de ces soulèvements si fréquents dans ces petites républiques. Sa fia est racontée diversement.
La foule aurait mis le feu à la maison o4 s'étaient réunis les membres de la secte et en aurait massacré un grand nombre. Pythagore lui-même n'aurait dû son salut qu'à la fuite. On ne sait trop ce qu'il devint. Quelques-uns le font périr dans le massacre général. Il est à croire qu'il s'échappa ; plusieurs le font mourir dans une gaerre d'Agrigente contre Syracuse; selon d'aotres, il passa ses dernières années à Métaponte, où il avait troavé un asile, et y
i. La Sooiélé pythagoridenae est ine anooMKe dans hi Grèce. BUe n'a aoeua rapport tvec la vie poUtk^ue et religieuse des Orecs. L'esprit de caste est antipathique à l'esprit grec; de môme, Tisolement d'une Société particulière dans la société grecque ne se conçoit pas. L'individu Mi-mème ne pmivtit vivre I part; sa vie devait dire publique et mêlée à la société générale. Il y t «ne grande difléreoce^ sous ce rapport, entre la société antique et la société moderne, où Tindlvldualilé est bien plus développée. Il y a égaillé dans les démocraties grecques. « Tout dot paraître singulier ehes les pythagoriciens, même en dehors da but de la Société. La conservation des mystères était confiée au Eumolpides, culte particulier propre à certaines familles ; mais elles ne formaient point des classes dans le sens politique. Les membres y sont des botnm es, des citoyens oomme les autres. Il ea est de même dee piitnes et des prê tressas. Ainsi les Grecs avaient une vie politique commune. Personne n'avait le droit de s'étehlir et de se tenir à l'écart, de se singulariser dans les mœurs, l'habillement, etc. SI quelqu'un avait qoelqtte chose à proposer pour la commn nanté, il le faisait publiquement C'était la premièie fofe qa'un inaUtutanr moral, ombraMat kk vie humaine tout ent^re, essayait d'introduire un principe nouveau pour la culture de l'Intelligence, du cœur et da la volonté. Cette forme est naturelle-, mais c'est en partie l'affaire do Tindivida, de la liberté, ion le bot général. » (Hegel, Gt$ch. der Phil., 1. 1, p. 235.>
moanu dans un âge très-afaii^ (à 80 ans, 70* olyinp.j. Revenus à de mailleuni sentùnente, les Grotoniates lui rendirent de grands honneurs après sa mort, ett sur la place de sa maison, s'éleva un temple de Gérés K
m. Les Pythagoriciens, —L'École et la Seetâ dePyikagort.^ Ulnstitui tombé, la Société pythagoricienne continua d'exister à la fois comme secte et comme école philosophique. Les pytfaagori* ciens forment un faisceau d*esprils dont la communaiité des idées, des croyances morales et même religieuses est le lien, et qui eon^ servent un genre de vie particulier. Mais cette sorte de confraternité ne sufût pas à une école philosophique. Celle-ci doit avoir, avec l'indépendance de l'esprit, sa méthode, ses idées, un système. C'est aussi ce qui eut lieu. Cette école ne cessa de produire des hommes distingués, des savants, des penseurs, des hommes d'État illustres dans toute l'antiquité. Les principaux furent Alcméony de Grotone; Timéej de Locres; Ocellus^ de Lucanie; Archytas, de Tarente ; PhUolaûs, de Grotone ; Eudoxe, de Gnide ; Empédocle lui-même, qu'on range quelquefois parmi les pythagoriciens. Tous plus ou moins indépendants, quoique suivant la même voie, ils modifièrent la doctrine du maître et y ajoutèrent, au point qu'il est difficile de démêler ce qui lui appartient et ce qui est à ses successeurs.
Les autres forment plutôt une Secte, société plus ou moins secrète. Elle compta d'abord d'assez nombreux disciples , tels qoHAristée, qui prend la succession de Técole à Grotone; Mnésarqucy fils de Pythagore, etc. Il y a même des femmes pythagoriciennes, entre lesquelles on cite T/^ano, femme de Pythagore, etc.