II. — La PhtlosopUe pjthagovlthum
Son caractère général. — Il a été marqué plus haut. Si ec nTest ridéalisme, avons-nous dit (p. 16), c'est un rationalisme qui
\ . Leg lectes Cmâmimiiteê el SoGidliite$ oot toutes revendiqué Pytlragrore et aoD losUtot. Maia qu't dt oonuDoa cette oréation avee des plans de réforme Snduslrielle el sociale dont le but est le bieD-ètre matériel et la jouissance pbytfqoe? Là, le but poorsnitt» c'est la yertu, la perfection morale de llndifidu, la piiriûcatk>a des ftmei, ans aerte 4e niitBté. Celte idée dlde tous les règtemenls d'une extrême sévérité. Non-seulement la Tolopté est bamiia, mais le pMsir des sens, le bien-être même sont des ennends à combattre. L'égalité, ce rêve des oloplBÉes modernes, y est molBs encore qee k Uberté. La pins étroite Uérarchie les remiUaoe. U SeoMté «rtbWnioftWM BesMnble JUoa pbs à m nonasIèM^'à un phalanstère*
32 LBS PYTHAGORICIENS
lui fraye la voie. Sans doute, comme Tionisme, cette philosophie a pour objet la nature. En ce sens, elle est, comme lui, une physique; mais ce qu'elle saisit dans la nature et les objets physiques, c^est le c6té abstrait, métaphysique ou rationnel : la quantité, le nombre et ses lois. Son point de vue spécial est celui de Tordre, de l'harmonie des phénomènes, non l'observation des phénomènes euxmêmes. Les rapports quantitatifs sont pour elle l'essence des choses; ils en contiennent la raison. Quoique pris dans l'ordre matériel et ne s'appliquant bien qu'à la matière et à ses forces, ces rapports s'adressent à l'entendement, non aux sens. C'est sur eux que la pensée s'arrête, avec eux qu'elle construit à priori tout le système et résout tous les problèmes.
lU. — I^e Système pythacorloton.
I. Sa base. — La théorie des nombres» — Cette philosophie, elle est tout entière dans la théorie des nombres ^ qui en est la base et qui s'applique à toutes ses parties. Voici, d'après Aristote, les formules dont se servaient les pythagoriciens pour exprimer leur principe :
Ils disaient : l"" que le nombre est Vessence des choses : àpi6(A^ cTvai T^v oôffCav âicavT(ov (Ârist., Mét.jl, 5.) ; ifi que le monde est une har^nonie et un nombre : tov ^ov (!up«v&v dipfAoviav elvat xal àptOfAov ; 3* que les nombres sont les principes des choses : TSiv ovtGv ipx«Ç- Ils ajoutaient que le monde est une imitation des nombres, {^((ATiaic Tcov ^ptOfAôiv. Les nombres sont aussi considérés par eux comme les éléments (<rroixeTa) des choses. On trouve ailleurs cette expression : les nombres sont les premiers de toute la nature : ira<n)ç t^ç <pu9câiç ^tpôÎToi. Enfin ils allaient jusqu'à dire que les nombres sont les choses elles-mêmes : dpiOjAobç elvat çàatv aOtèt -A itpaYjxaxa. (JWd., I, 6.)
Explication de cette théorie, — Quel est le sens de ces formules? Il est probable que les pythagoriciens eux-mêmes y attachèrent une signification différente, selon les progrès que fit la spéculation au sein même de l'école et selon les divers points de vue qu'ils envisagèrent. Hais, malgré ces différences, on peut dire que le fond de la doctrine fut toujours le même : la conception d'abord vague , mais qui se précise de plus en plus, particulière à celte école, celle de la quantité et de ses rapports, comme suffisant à donner la raison des choses et à expliquer l'univers. L'école ionienne qui s'attache au cêté sensible et phénoménal, expli-
que tout par un élément matériel. Le pythagorisme fait le contraire : il réduit tout à une pure abstraction, la quantité numérique, qu*il réalise et dont il fait la substance même des choses.
c Une telle manière de penser nous parait très-singulière, mais songeons à l'impression qu'a dû produire sur Tesprit des hommes la première découverte d'une régularité mathématique, profonde et immuable au sein des phénomènes ; nous comprendrons alors que le nombre ait été adoré comme la cause de tout ordre et de toute détermination, comme le principe de toute connaissance, comme la puissance divine qui règne sur le monde. » (Zeller, p. 339, trad. fr.)
La loi du monde matériel, astronomique et physique, n'est-ce pas, en effet, la quantité, le nombre, la loi mathématique? Raisonnant ainsi, les pythagoriciens durent arriver à dire que le nombre est l'essence des choses, qu'il est les choses elles-mêmes (aura t^ TcpotYjjuxTa) ', En ce sens aussi, c'est le principe^ la cause (alxCa), Yélément premier (<rroixeTov) *. Ceci est le premier pas; un second sera d'attribuer au nombre l'efficacité d'une véritable cause, de dire ensuite qu'il régit tout, qu'il gouverne tout, de lui faire jouer le rdie de cause efficiente et intelligente. A l'origine de la spéculation, tous ces points de vue se confondent; les nombres sont des puissances; ils ont des vertus. Mais, de plus, si V ordre en résulte, V ordre, n'est-ce pas le bien, le vrai, le juste, le beau? Tout cela n'est-il pas l'harmonie? Allons plus loin : on trouvera que l'unie, racine des nombres, revêt tous les attributs que nous donnons à la cause intelligente. L'unité, principe des nombres, sera la racine des êtres. Les nombres seront aussi des modèles. Le monde, construit d'après les jois mathématiques, en sera l'imitation.
Son origine et sa formation. — Aristote nous explique comment est né et s'est formé ce système. « Les Pythagoriciens, dit-il, s'appliquèrent d'abord aux mathématiques. Nourris dans cette étude, ils pensèrent que les principes des mathématiques étaient les principes de tous les êtres. Toutes les choses leur ayant paru formées à la ressemblance des nombres et les nombres étant antérieurs aux choses, ils pensèrent que les éléments des nombres sont les éléments des êtres, et que le ciel dans son ensemble est une harmonie et un nombre. » {Ibid.) Toutes les concordances qu'ils pouvaient découvrir dans les nombres et dans la musique avec les phénomènes du ciel et ses parties, avec l'ordonnance de Tunivers, ils