‹ La philosophie ancienneChapitre 89 sur 194 · I. -^ HéMMlAto · texte numérisé non relu

I. -^ HéMMlAto

Peu prisé des anciens historiens, hautement réhabilité depuis, sa philosophie aujourd hui est en grand honneur. Le penseur obscur et chagrin est-il le profond philosophe, le génie supérieur et méconnu qui fut le précurseur des plus grands systèmes parmi les modernes? En lui accordant beaucoup, on peut douter qu'il ait de quoi justifier tous ces titres. Dans le concert d'éloges qui partent de points opposés (l'idéalisme allemand et le positivisme anglais), on peut voir, au moins, une preuve du rapprochement des deux

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éeoles grecqoes qQÎ jusqu'ici se sont opposées, et une tentative de les concilier. D'aulre part, qui veut ici garder la mesure ne doit pas oublier qu'il s'agit d'an système ancien, dont nous n'avons que des fragments à l'aide desquels il est difficile de le reconstituer; que, s'il est des formules qui ressemblent à celles dont on a t« remploi dans tes plus récentes théorie», elles sont loin d'avoir le sens et la portée qu'on leur attribue, et qu'il est très-facile de les plier à Irile ou telle opinion en abusant des analogies.

L Sa tie et ses écrits. — 1* Sa «te. •— D était d'Ephèse et florissait vers 500 avant Jésus-Christ (79* olymp.). Né d'une ancienne fiimille qui exerçait une haute dignité sacerdotale, il abandonna ses droits à son frère et vécut retiré dans la solitude. U est représenté d'une humeur chagrine et mélancolique, qui le fait fuir le commerce de ses semblables. Ayant étudié les poètes et les philosophes, il en fut peu satisfait. Penseur, il disait que la multitude des connaissances nuit à leur solidité. Ses expressions à Tégard d'Homère sont des plus dédaigneuses. (Yoy. Diog. L.) — Frappé de l'imperfection des systèmes et de la faU>lesse de la raison, il se tient à l'écart, adonné à la spéculation. Jusque-là, les sages, Pythagore, les Éléates, etc., avaient plus on moins pris part au gouvernement des États. Lui refuse assez brutalement les Ephésiens, qui le prient de leur donner des lois; il allègue la corruption des mœsrs, trop grande pour qu'une réforme fût possible. Quoiqu'on ait dit de son ressentiment contre ses compatriotes, qui avaient exilé son ami Hermodore (Diog. L.), la cause principale parait être son goût pour la retraite et la médi* flation solitaire. Sa lettre à Darius, qui l'invite à venir à sa cour, et les motifs de son refus, les réponses qu'on lui prête témoignent à la fois de son mépris pour les hommes et pour le peuple, de la conviction des misères hunudnes, de son indifférence et de son dégoût de la vie pratique, ce qui s'accorde bien avec son système de l'instabilité de toutes choses. On dit que, retiré dans le temple de Diane, il s'amusait un jour à jouer aux osselets avec des enfants, Â ceux qui s'en étonnaient, il répondit que cette occupation valait mieux que celle de gérer les affaires publiques. Il finit par quitter tout à fait la société pour vivre seul dans les montagnes. Atteint d'hydropisie, il revint pour consulter les médecins. On le fait mourir misérablement dans une étable, sur un tas de fumier, à Tàge de soixante ans. Son cadavre aurait été dévoré par les chiens. Par ces feits, on voit que ses concitoyens lui rendirent haine pour haine. Une mort tragique est attribuée par les Grecs aux grands poètes et aux tiommes

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