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LES NOUVEAUX IONIENS

illustres ^ Sa mémoire eut des chances diverses; attaqué par les uns, il fut réhabilité et admiré par les autres ; Proclus et Antisthène parlent de la noblesse et de l'indépendance de son caractère. (Voy. Hegel.) Les poètes, s*emparant de toute tradition, l'ont représenté en contraste avec Démocrite, versant des larmes perpétuelles. De là le vers de Juvénal : unde oculis illi tantus suffecerit humor? (Sal. X. Cf. Elien, VIII, 3.)

2° Ses écrits. — Comme écrivain, il eut déjà de son vivant de la réputation (clarus habebatur) . L* obscurité de ses écrits lui valut le nom d'obscur^ 6 oxoTeivbç. Tenait-elle à la profondeur de la pensée (toute pensée spéculative étant fermée au vulgaire: Hegel) ?Fût-e]Je calculée? On peut ne pas le décider. L'exposition est saccadée, le style sententieux, énigmatique et poétique, peu lié, le dialecte difficile; ajoutez le défaut de ponctuation. (Arist., Rhét.^ UI, 5.) Quoi qu'il en soit, le mérite du penseur et de l'écrivain est incontestable. On connaît le mot de Socrate, qui, ayant lu un de ses écrits et interrogé sur ce qu'il en pensait, répondit avec son ironie habituelle : <r Ce que j'en ai compris m*a paru excellent; je pense qu'il « en serait de même du reste, si je l'entendais; mais il faudrait un c plongeur de Délos pour faire la traversée. »

Son principal ouvrage sur la Nature, ou les Musesj fut par lui déposé dans le temple de Diane, où il resta longtemps. On a de lui des fragments. (Voy. H. Etienne, Schleiermacher.)

Heraclite eut des disciples, entre autres Cratyle et Protagoras. La secte des Héraclétiens subsista quelque temps. Platon étudia avec zèle ses écrits. Les Stoïciens lui empruntèrent leur physique. (Voy. infrà.)

IL Le système d'Heraclite. — 1** La métaphysique, — La maxime fondamentale qui semble à la fois contredire et concilier les deux systèmes, éléatique et ionien, est celle-ci : Vêtre n'est pas plus que le non-être : Tcàvra eTvai xal fx^ eTvai. (Arist., Met., Vf, 7.) Mais Têlre et le non être se combinent dans un terme supérieur, le deneniry xo fix^ta^oLi, qui les contient et les identifie. Or, quel est le phénomène qui, dans la nature, réalise cette identité? le mouvement

1. Orphée fut déchiré par les femmes. Homère mourut de faim. Diogènc fut èloufTé par un polype cru, avalé imprudemment. Dracon fat accablé 80us le poids des robes et des bonnets de ceux qui l'applaudissiiaot au tbéftlre. Eschyle fut écMsé par une tortue, Sophocle étranglé par un raisin vert. Enfin Euripide, admirateur d'Heraclite, fut, comme lui, déchiré par les chiens. (Voy. Bnimoy, Th, des Grecs.)

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(x(vy]<7tç), le mouvement continu et sans fin? Tout est sans cesse en mouvement; tout change : wavra x'^P^^j "^^^ ^^ demeure : ou fj.lvei; tout devient : Tjavra iti yifvt'wi. Une autre formule est celle-ci : ^dcvra ^et : tout sécQule, est dans un flux perpétuel. Heraclite se servait de comparaisons tirées des choses sensibles. Il disait : « Le monde est un fleuve où Ton n*entre pas deux fois : âç 8(ç eU t^v aOrov icora^ov oùx é* lfji^(veiç. > Yoilà pour la partie abstraite.

2o La Physique. — Quant à la partie concrète ou physique^ Thaïes et Anaximène avaient admis comme principe, Tun Teau, l'autre l'air; Heraclite regarde le feu, élément plus subtil, comme étant, dans Tordre matériel, ce qui représente le mieux le principe de rinstabilité ou du mouvement; le feu, à la fois producteur, destructeur et rénovateur des êtres, estTagent universel de la vie. Tout naît du feu, se détruit par le feu et revit par le feu, d'après de certaines périodes (exTcupaxiei;). L'univers est éternel; il n'a pu être fait ni par un Dieu ni par un homme; il a été et sera toujours le feu éternel : Tcup ae(Ça>ov.

3* Loi des contraires. — Heraclite ne se borne pas à l'énoncé de son principe; il le développe et le complète par un autre, l'opposition des contraires, t(5v evovrioiv, et la loi d'évolution, par où il se rapproche encore plus des modernes. Le monde n'existe et ne marche que par opposition. La guerre est nécessaire. Elle est partout et engendre tout; elle règne sur tout : TtefXetxo; toxvtwv |i.iv ira-n^p I^TTi, TwtvTwv 8è paaiXtuç. (Procl.,rm., 55.) — La divinité elle-même (selon Plutarque) est divisée. Le monde s'allume et s'éteint, puis se rallume. Ce sont les périodes enflammées, Tcopbç TpoxaC. Il y a même un progrès, une marche ascendante et descendante, 6$bç afvo), hBhç xaT(i>, toutes deux inséparables.

Ainsi Heraclite admet le principe de la division et des contraires, IvavTtat Tp<{7CTQ ou foY), lv«vT(o5po(xal, avec le retour à l'unité, TtaXiv- Tp^o;, d'où résulte l'harmonie la plus belle, xaU^<m] àp(i.ov(a. La loi générale est la nécessité^ effxapjxévr,. (Voy. Diog. L., IX, 7.)

4® Cosmologie. — Appliquant ces principes à la formation du monde, Heraclite en tire l'explication des principaux phénomènes de la nature, de l'origine et de la destinée des êtres. Nous ne le suivrons pas dans les détails du système (la cosmologie, la physique, etc.).

5** Sur l'homme et la vie humaine, la doctrine est la même. L'opposition et la lutte y président, dvT(2;(oov; l'harmonie en résulte. La discorde est partout : wavra xat' Ipiv yif^&aQoiL (Aristote, Eth. iVic., \IIL) La vie et la mort, le sommeil et la veille, la jeunesse, etc.,

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