‹ La philosophie ancienneChapitre 9 sur 194 · Emile Boutroux, Introd, à la traduction de Zeller · texte numérisé non relu

Emile Boutroux, Introd, à la traduction de Zeller

7. 6. Séailles, Essai sur le génie dans l'art, p. 812. Challemel-Lacour, préface à la traduction de H. Ritter : Hist, de la phil,

moderne, XXIV. On pourrait ajouter à celte liste des auteurs bien connus par l'importance de leurs travaux et de leurs doctrines : MM. Renouvier, Secrétan, Th. Ribot, etc.

La môme opinion est aussi exprimée en Allemagne par différents auteurs. Voy. Lange, Oesck. der MateriaUsmus, 2« édit, t. II, p. 540; Otto Liebmann, ^te Klimax der Theorien, p. 48-62.

8. On nom permettra d'en citer un échantiUon : « Quant & la phiios<r

LÀ SCIBNCB ET LA PHILOSOPHIE XlII

Si nous essayons d'abord de la caractériser, nous dirons qu'elle nous parait, ayant tout, une concession faite au positivisme et au criticisme (kantisme). Vient-on à Tanalyser, on y reconnaît des éléments empruntés à d'autres systèmes. Vintuition intel» lectuelle de Schellingy sa synthèse finale de l'art et de la science au point culminant de la philosophie, le sentimentalisme de Jacobin le demi-scepticisme de Schulze et son probabilisme , le dogmatisme humoristique de Schopenkauer auraient, tour à tour, à y réclamer leur part. Il s'y est ajouté depuis, une sorte A'esthéticisme et, si l'on nous permet ce mot, de virtuosisme fort à la mode. Bref, c'est comme un résidu ou un reflet de toutes ces doctrines.

Dans une époque d'indécision et d'anarchie intellectuelle comme la nôtre, cette opinion devait faire fortune; sans entrer dans une critique approfondie, nous lui doTons de l'examiner de plus près que la précédente.

La difficulté vient surtout du vague où elle àe tient et de son caractère mixte qui lui permet de se rallier les esprits les plus différents par leur trempe et leur manière de voir souvent très opposée. Le seul moyen est de la forcer à se préciser et à se définir. Pour cela, nous lui adresserons les questions suivantes :

1* Quel est cet idéal que poursuit la philosophie sans jamais l'atteindre et qui, dit-on, lui est commun avec l'art et avec la religion? Cet idéal, sans doute, c'est l'idéal du vrai^ comme ailleurs c'est l'idéal du beau y an bietiy du parfait, l'idéal

phie, eUe est à la fois science et art. En tant que science nous l'avons fort développée. Mais Fart exquis de Jouer de la lyre sur les fibres les plus intimes de l'âme, de poser su» les résoudre les proUëmes de Tordre transcendantal, la philosophie, dis-je, comme la musique sacrée des Ames pensantes, quel chef-d'oeuvre produira- t-elle jamais comparable aux dialogues qu'ont entendus les jardins de l'Académie et les bords de riUisusl » E. Renan, Mél, tVhisU et de voyages^ p. 71.

« Saisir la physionomie des choses, voilà toute la philosophie. Elle est moins une science qu'un côté de toutes les sciences ; elle est l'assaisonnement sans lequel tons les mets sont insipides, mais qui à lui seul ne constitue pas un aliment. On sera mieux dans le vrai en rangeant le mot de philosophie dans la même catégorie que les mots d'art et de poésie, » Id., Dialoffiieêf fragm., p. 28T.

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