LES NOUVEAUX IONIENS
se succèdent selon la inèma loi. Âîasi tout subsiste et se renooreHe. Les âmes meurent et revivent. Les bommes» après leur mort, ren* contrent un sort inattendu. (Seit. Emp., Hyp.y III, 2, 3.) QoeUe est cette r/.$umcti(m2 D* individualité» de persoBBaditè, il ne pe«t être question» Néanmoins» dans runivers préfant la poissance du bien, de la paix, de l'unité ; mais les êtres iodivideels s'absorbest dans le feu, qui est la ditinité. — Les stoïciens adoptèrent cet doctrines ayec celle du X^ immanent à la matière, non dislîect *.
6^ Théorie de la connaù^ance. — Elle est «m saite du système, et le caractère ionien s'y retrouve. (Yoy. Platon, Ikéétèie.)
Le mouvement ici, c'est la sensation; elle est mobile et trom* pense ', la vérité ne peut lui appartenir. Les sens sont de mauvaîe témeins, xbêxcX fiapi^ç. D'où l'opposition à la croyance conumoe, rappel à la raison. Il en est comme chez les Éléates. Démocrite dira de même. (Voy. infra.)
U est un autre point par où Héraclile, quoiqu'opposé àFÉléatisme, s'en rapproche : la permanence dans le moaveMenU Lui aassî est contraire à la croyance commune; it est hostile au polythéisme. Enfin il est animiste (hylozoîste) non mécaniste.
70 Morale. — Sans être sytématique» elle est aussi d'accord avec les principes. La raison est l'essence des êtres : X070Ç 6 8<ai tj)ç o^(aç Tou 1QSVT0Ç. (Diof . L., IX, 7.) La règle est donc tai conformité à la raison, la résignation à la loi, à la nécessité universelle. Or, à ce point de vue, le bien et le mal, comme l'être et le non-être, sent identiques. U n*y a pas de bien sans mal ni de mal sana bien (réciprocité). Donc, ne pas se révolter, mais comprendre, telle est la vraie sagesse. Chercher la sérénité dans lerepoe, dans la conformité à l'ordre universel. Tout est beau, tout est juste, quand on s'élève à ce point de vue de l'harmonie du tout. Porifier en nons le feu divin, se rendre indépendant des sens et des pasnons, vmlà les vraies maximes.
Valbue db ce systéhit. — On conçoit Fadmiration des écoles panthéistes et matérialistes pour l'auteur de ce système '. Placé
1. Aèvo«, i ila rU •«*/«« ToO nkfvût. (Diog. L., IX^ Vof. Hég^l.
2. Hegel le considère comme le plus profond philosophe de cette époque. « Ici, nous voyons la terre. Il n*y a pas un principe (Salz) que je n*aie admis dan na logiqoe (Gesch., I, 328). Il attribue son obscurifé à sa profondeur relative. Il trouve chez lui ptns d'uoe analogie vne ma propre syatèoie : 1* ndcn* tîlé de Vétre et du non-étre dans le devenir (Werden) ; 2» la loi dea eonirairet; 3» Vêmmanmce de la raison . L'obscurité est un mérite de plus , le dédain du sens eooHBQO no autre litre (ibid.). Le po$Uivi$fne n^est pas moins épm des autrts
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au poiai de vue ionien, celui des sens et de leur objet, Heraclite, ou effet, a trës-bien tu le cAié de l'existence qui y répond, celui de rinsUbililé de toute chose. C'est chez lui uu mérite spéculatif; il ne peul être nié. Platon lui-même le lui emprunte.
Mais a-t-il aussi bien vu l'autre côté, le côté positif, celui de la permanence ou de la stabilité ?
Platon, qui l'avait étudié et qui le réAite {Théétèie]^ relève les eontfadictioiis; du principe il tire les conséquences. Ce 8<Ni( : la néffU" tion de la vérité, F impossibilité de la seieHcey le scepticisme absolu, le nihilisme, comme Protagoras^ le disciple, le fera voir. (Ibid.) — Ainsi subsiste l'antithèse de l'ionisme et de Téléatisme K
Quant à la dialectique des contraires, dont le germe est, si l'on ^eul, dans Heraclite, ce seva un progrès et une découverte, soit; nnaie les erreurs et les difficultés subsistent, i"" L'opposition estelle conciliée? ^"^ Cette lutte ou opposition, c'est le dualismey auquel succède le nihiiistne. La paix n'est pas l'accord, mais l'anéantissenieal. On a beau parler du retour à Punité, de paix et dliarmonie; celte paix, c'est la destruction de tout ce qui est individuel, réel et personnel ; au fend, c'est le néanL Sous ces noms de feu universel ou de raison divine, en réalité,, qu'y a-t-il ? Un être indéterminé, sens esttscience, qui dévore tout, anéantit tout. Partout la souffrance, la mort, le néant des individus. La vie humaine, qu'est-eUe? Elle esi loul cela senti et compris, le malheur.
A cetle vue, la tristesse s'empare de Fàme. L'auteur a beau ripéter : « Les hommee sont des dieux mortels, les dieux des heaneen inunertels; la mort des uns est la vie des autres; le divin eal réléiation par k pensée au-dessus des sens, etc. i Ces hautes maximes et cette apothéose fictive cachent le vide et le néant de la lie; un tel optimisme équivaut au pessimisme. La paix est ici le néant, la résignation et le désespoir. La sombre mélancolie de l'autewenest l'aveaet la preuve. Son mépris des choses humaines, son éleignement et son indifférence, et la fin qu'on lui attribue, parlent plHS haut que ses écrits. Les poètes, en lui Eaisanl verser des larmes, symbolisent sa doctrine.
cèiét. La négalkm de Tabeolu, le niaUf oa le devenir, loat cela esl le vrai; il na tarii pas d'éloges (Lewes, Grole).
K Ariftoie lui adrMM d'autres reprocliea {Met.), enUe tolrea de ne savoir «e qu'il dit quaiMt il fail du feu, éléooeot matériel, W principe universel, a II aembto que, pour (aire droit aux Eléate8(car il connaissait Xénopbane), il *il ajouté à la mobUité ud éléoMDl de fixilé. Mais cela ne change rien. L'caecncc du mouvi«M0t e^ toojoiif» l'iiiBUbilité. Si tout dêvimt, lim a'«si; si rien n'e^t» ni vrai ni faux, la science est impcaeible. »
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Quant à la tnoraZe, on connaît trop ce qui valent au fond les belles sentences que répètent en chœur panthéistes et idéalistes : « Nous faisons tout par la participation à la raison divine; par conséquent, nous devons toujours suivre cette raison. » (Sext. Emp., Adv. Math. yVll, 36.) Cela est très-bien. « Seulement beaucoup, ajoutentils, vivent comme s*ils l'avaient abandonnée pour suivre leur sagesse propre, ($iav (pp<{vifï<riv. » — Mais qu'y faire ? Et se trompent-ils ? D ailleurs l'identité du bien et du mal n'est-elle pas un corollaire avoué du système ^ ? àfa^h xal xax^v eTvoci xaùrov.