‹ La philosophie ancienneChapitre 99 sur 194 · APPRÉCIATION DB LA SOPHISTIQUE · texte numérisé non relu

APPRÉCIATION DB LA SOPHISTIQUE

Cet art et ce genre de vie finrent-iis ceux des sophisles grecs ? Pour le prouver, il fMidraît eataner un ieng débat. Quoi (pi*oii <Kse, ils eu ont élé les premiert représentants. L'art, ils te cultivèrent, l'eoseigDàreiit et en abusèrent. Tons te firent. Quant à la condoife et au caractère, enire enx il y a saas doute des Aifférences notables. Elles seAt, Je le répète, en degré, nen en essence ^

lY. Conclusion. — Donc et en résumé, le jugement des anciens doit être maintenu sur les soplifetes. Un préjugé de deux mille ans, je l'ai dit, n*est pas sans vérité. Le jugement peut être adouci, non tassé ni réfenné. Tout ce qui a été fait ou dit depuis n*y change rien. La critique moderne, édabée par ta phîlesophie, plus large, plus compréheasive, a {ail a^rcevoir des aspects nouveaux. Eki ce qu'ils ont de vrai, nous les avims admis ; mais %ons sont étrangers à la question véritable. La sophistique est et sera toujours ce qu'elle fut à son apparition première chez les Grecs^ celte fausse sagesse, apparente et non réelle. Et elle finit par apparaître teHe aux Grecs euxHDémes. Un instant fascinés et séduits, ils la jugèrent bienlAt ce qu'elle était et ce qu'elle valait ^

1. Les mébitbb st lis défâvt dis soraiwBB. — 1* Lêurt méritt». «^ VeiueignemmU des sophisles, oo ne peut ie nief , ent ée hom «t vtiles résultats. D'abord on ne peut oootesler leur talent. Gorgias, Prot^gone, Prodions, Hippiis étaient des houMaes d*nn mérite réel, remarqoables à plus d*iin Utre et doaés ds qualités brillautes. Ce qui est dit de leur éloquence et de ses effets le prouve. On ne œ fait pas admiier d'an peuple nnasi spirituel que les Oreos, d'an goût aiisai flo et délicat, sans être un homme distingué. Leors senices ne sont pas plus à contester. Non-sealement As propagèrent et enseignèrent les connaissances acquises, mais ils perfectionnèrent plosieurs «oienoes et en inveoièrent de nouvelles. Les premiers (voy. twpra), ils appelèrent l'attention sur lois tOB problèmes dont U a été parlé. Us ezamiaèrent là bases de te politiqne et créèrent la acûne€ içeiàle. (Voy. Platon, Prùtagorat.) Ils soumirent à l'analyse les procédés du laqgsge et rédigèreal eo préceptes fart de convaincrd et de persuader ; Us perfectionnèrent la prose aMique, ini donnèrent l'amplenr, le nombre, l'aisance et le tour geacieBx. La plupart fureal d'exoelleots gr/mmah-ieng. Ils donnèrent même one théorie de la peinture et de la soulptare. « ils rassemblé» c rent tontes ces conoaissanocs dam des ouvrages exeellents, aussi «sUmés de « leurs coatemponûDs que des siècles saivants et dont leurs ennemis mêmes oit a profité. > (Meioers.) Il faut d'ailleurs dbtinguer les premiers sophistes de ceux qui vinrent après eux. Geax-ci, qui n'étaient que de misérables ditputeors (voy. Platon, Suthydème), tombèsent dans le mépris dont ils étirent dignes ; les autras, les plus célèbres, étaient des esprits remarquables, sinon de premier ordre.

Pour leur caractère, il n'y a pas de quoi tant les admirer ; il f ot on parut hoDOfahle pour leur teiaps. Platoa lui-même parle (non sans quelque ironie) du 9M§e Prodkus. Protagoias est loué par lui en plos d'où passage. (Voy. Hrp., X.) Oorgias avait sa slatae d'or à Delphes. {Masiears m^nt au service de leur patrie» Aveo leurs talenta, une sagesse et une hal^eté peu oommones, ce qui leur valat d'être employés souveirt dans les aflSdres publiques pour des ambassades et des mMons diplomatiquea. <PUtoa, !•' Hi^ppia$,) Hippias dit en parlant de fui-

Les sophistes ont joué alors et de tout temps un grand rAle en ce inonde. Le monde fut toujours peuplé de sophistes. Ils pullulent aujourd'hui. Le moment n*est peut-être pas bien choisi de leur être indulgent, ni de les réhabiliter, encore moins de faire leur éloge.

Quoi qu'il en soit, et pour terminer ce long chapitre, nous dirons : Tant que la morale ne sera pas tout à fait bannie de l'histoire, tant que la conscience humaine sera appelée à y dire son avis et à juger les choses et les hommes, elle jugera de même et maintiendra ses arrête. Elle fera cette distinction qu'elle a faite en tout temps des fatuc sages et des vrais sages, les uns amis de la vérité et de la sagesse : elle les appelle philosophes, t^ùAn^wç ; les autres, esprits habiles, mais indifférents à la vérité : elle les nomme sophistes, a<$^t(rtaç. Que ceux-ci aient souvent de grands talents, qui ne le sait? Qu'ils parlent toujours au nom de la vérité, qui ne le sait encore et ne les

même qoe, toutes les fols qne sa pairie voulait terminer des négoctolions avec d'autres villes, elle s'adressait à lui, comme au premier citoyen. (Cf. Plaloo, Républ, X, p. 350.) Cet éloge est déjà suffisant. Ajoutons, si Ton veut (avec Hegel), un autre mérite qui, selon lui, dénote un progrès réel dans ia culture de l'esprit humain. Ils apprirent, dit-il, à envisager les divers côtés d'une question, à trouver dans tout sujet des généralitéi propres à l'apprécier ; lia surent enrichir l'esprit d'idée$ générales^ art nécessaire à l'avocat, à tout esprit libéral en opposition avec l'étroitesse et la routine vulgaires. {Getch,, II, p. 13, 25.)

2* L«ur$ défautê. — Tout cela reconnu et accordé, nous ne rétractons pas ce qui vient d'ôire dit. Faut-il fermer d'ailleurs les yeux sur les défauts qui. plus ou moins, sont ceux de tous, et pallier les vices de quelques-uns ? 1* Ce qui, a été de tout temps dit de la sophistique reste vrai. 2« Quant aux défauts attribués aoz sophistes et qui les ont fait mal accueillir et flétrir par les historiens (voy. Brucker, Tiedemann, Tennomann, Shleiermacher, Brandis, etc.), sont-ils de purs mensonges inventés par la satire, des calomnies de la part de leurs adversaires ? Outre qu'il est difflcUe de l'admettre, pour nous, la question se réduit à ces termes simples : Le but qu'ils poursuivirent était-il celui qui est l'objet de la philosophie : la vérité et la science de la vérité Y L'amour du vrai était-il le mobile de leurs paroles et de leurs actes ? Ce qu'on a dit de TégoTsme, de la vanité, de la cupidité, de la recherche du gain, môme de l'orgueil et du charlatanisme, de l'impudence de quelques-uns, était-il de pure invention ? Ces épithétes attachées à leur nom ne sont-elles (Orote) que de fausses associations d'idées t

Celte thèse est dimcile à soutenir. La distinction môme des premiers et des seconds sophistes n'est que relativement fondée. Que le mot sopkistef à l'origine, ait voulu dire homme habile ou qui a du savoir : cela ne signifie rien pour ceux qui vinrent après. Que l'on ait fait de Protagoras et de Qorgias de profonds pen-» seurs (Hegel), ni Arislote ni Platon ne les prirent pour tels, bien qu'ils ne nient pas leur mérite. Quant à la forme qulls donnèrent à leur pensée, il serait encore moins facile d'y reconnaître le langage du vrai philosophe que celui du rhéteur. Arislote la déclare fardée . « Parmi les hommes, les uns ont réellement la santé, les autres n'en ont que l'apparence, se gonflent eux-mêmes et se parent comme les victimes. Les uns sont beaux par leur propre beauté ; les autres paraissent beaux quand ils ont fait leur toilette. • {De Soph. EL, ch. 1*'.) Gorgias lui-même, avec tout son talent oratoire, peut-il être considéré comme ou modèle de la vraie éloquence ? Les Athéniens se dégoûtèrent vite de ce qui d'abord les avait séduits, lis reconnurent ce qu'il y avait de fkuz sous œs dehors

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