III. LE SCEPTICISME ANGLAIS. L'ÉCLECTISME ANGLAIS
Berkeley, Hume. L'école écossaise.
Pour bien comprendre les hardiesses du scepticisme anglais et les timidités simultanées de l'école écossaise, il faut tenir compte à la fois et de l'esprit positif, pratique, qui est le trait distinctif du caractère anglo-saxon, et du désordre intellectuel provoqué par les luttes religieuses. En substituant le culte d'un livre à l'autorité d'une tradition, le protestantisme n'a pas émancipé la pensée humaine. S'il a rompu les humiliantes chaînes de la dévotion catholique, il a respecté, il a renforcé le lien fondamental. Oui, certes, il a démoli des cloisons et invité l'homme à en examiner les ruines; mais il a consolidé l'enceinte de la prison élargie, ce gros mur qu'il fallait avant tout renverser. Et remarquez-le bien, ce sont les nations catholiques qui y ont fait les