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L'UNIVERS

Hydrogène, Oxygène, Carbone, Azote, Brome, Bore, Chlore, Phosphore, Iode, Arsenic, Silicium, Sélénium, Soufre, Tellure, Fluor, Or, Platine, Plomb, Argent, Fer, Cuivre, Étain, Zinc, Mercure, Manganèse, Aluminium, Nickel, Cobalt, Antimoine, Iridium, Rubidium, Calcium, Osmium, Lithium, Cérium, CsBsium, Baryum, Didymium, Erbium, Cadmium, Bismuth, Chrome, Glucinium, Ilménium, Lanthane, Magnésium, Molybdène, Potassium, Sodium, Niobium, Palladium, Pélopium, Rhodium, Ruthénium, Strontium, Tantale, Terbium, Thallium, Thorium, Titane, Zirconium, Yttrium, Vanadium, Uranium, Tungstène :

Tels sont, sauf omission, les éléments, jusqu'ici reconnus, qui constituent la Terre, ses productions et ses habitants.

Les planètes se comportant, ou peu s'en faut, comme la nôtre, et l'analyse spectrale ayant constaté dans le Soleil la présence de quelques-uns de ces corps, il est permis d'attribuer au système solaire tout entier une composition identique ou analogue. Enfin, la lumière de certains astres lointains révèle un fonds substantiel commun. La science confirmera ou amendera ces conjectures, accroîtra ou diminuera le nombre des substances irréductibles,

et la philosophie n'aura qu'à enregistrer les découvertes de la science.

Mais, dès à présent, se dégage des faits acquis une conclusion certaine, assez large pour contenir toutes les modifications partielles que l'expérience y pourra introduire. Les choses dont l'ensemble est exprimé par le mot univers sont formées de substances quelconques, en nombre quelconque, hors desquelles il n'y a rien.

Le caractère général de ces substances est l'indestructibilité. Quand bien même une analyse plus profonde les réduirait à dix, à cinq, à une seule, la somme n'en serait pas diminuée, puisque cette somme ne cesserait pas d'équivaloir à la totalité de ce qui est.

Chacune de ces substances a pour caractère particulier l'homogénéité. Par la pensée comme en fait, on pourra les diviser en autant de parties que l'on voudra : chaque fragment égal d'une substance demeurera identique à tout autre fragment égal de la même substance.

Les corps simples, combinés en proportions diverses, ont reçu et garderont le nom générique de matière.

Peu importent ici les procédés à l'aide desquels l'homme est arrivé à connaître la matière et les conditions organiques, cérébrales, intellectuelles qui s'imposent à toute expérience. L'existence de la matière est suffisamment démontrée par l'usage que nous en faisons.

Nos aliments, nos vêtements, nos maisons, les outils et les matériaux des arts, de l'industrie, de l'agriculture, du commerce, de la guerre, bien plus, notre chair et nos os, notre sang, nos muscles, notre appareil nerveux, notre cerveau en sont faits.

Que serait la vie sans corps vivants? Que seraient la personne et la pensée, l'individu et la société, sans organismes matériels, finis, distincts? Des mots vides de sens; que dis-je ? les idées que ces mots représentent n'auraient jamais pu naître.

Il n'y a pas d'action qui ne procède de certains rapports observés entre certains groupes de combinaisons matérielles. Les sciences les plus abstraites ne reposent que sur des évaluations de quantité;

or, il n'y a point de quantité sans matière: il n'y a point de nombre sans choses qui se comptent, point d'étendue sans êtres étendus. Nous pouvons, grâce à des facultés inhérentes à nos organes, envisager séparément ce que nous appelons les propriétés des corps, spéculer sur ces propriétés; quand elles sont constantes, en induire des lois que nous appliquons en toute sûreté à la matière pour la mieux connaître et l'approprier plus complètement à nos besoins; mais tout ce travail a pour condition sine qua non la matière dans le sujet, la matière dans L'objet. S'il n'existait point d'homme, de corps organisé, il n'existerait ni connaissance» ni pensée; mais s'il n'existait point de matière, il n'y aurait ni corps, ni homme. L'un implique l'autre.

L'être est inséparable de la manière d'être; sinon, rien ne le distingue du néant. Les particules ultimes des corps simples sont Juxtaposées ou mêlées les unes aux autres: elles se combinent ou s'excluent selon leur nature. C'est de leur manière d'être que dérivent ces affinités, ces échanges, ce mouvement dont le langage a fait, en v ajoutant l'idée de force, de virtualité, de véritables agents, des êtres d'une espèce particulière, des lois qui gouvernent le° monde. Il n'y a là que des termes généraux, utiles et indispensables, mais où il faut se garder d'insinuer quoi que ce soit qui ressemble à une intention ou à une volonté : ce serait introduire l'anthropomorphisme dans la science. Ils ne signifient que ceci : Étant donnés environ soixante-cinq corps irréductibles les uns aux autres et présentant tels et tels caractères, on constate entre eux tels et tels rapports de distance, de succession, telles et telles combinaisons accidentelles ou constantes. Pourquoi les choses se passent-elles ainsi? « Pourquoi, demandait Voltaire, y a-t-il

quelque chose? »

Les corps simples sont composés d'atomes insécables; dans tliaque groupe, l'atome est l'unité d'une somme indéfinie. L'imagination peut diviser l'atome lui-même; mais l'analyse, aidée du calcul, est contrainte de s'y arrêter; la science n'est arrivée qu'a confirmer l'intuition de Démocrite et d'Épicure.

L'atome d'un corps, uni à un ou plusieurs atomes de tout autre

corps, constitue une molécule, sorte d'atome complexe qui luimême entre dans de nouvelles combinaisons, à leur tour pourvues de caractères spéciaux, d'affinités particulières. Le mouvement est le nom le plus général, ou mieux la résultante, de toutes les propriétés et de tous les rapports.

Rien n'est plus varié que la constitution intime des molécules et, par suite, les relations des atomes entre eux. Tel atome d'hydrogène ou d'azote ou de quelque autre élément s'associe soit à deux, soit à trois ou à cinq, ou à vingt atomes des soixante-quatre autres corps, qui peuvent eux-mêmes être remplacés dans le mélange par des groupes équivalents. De ces différences dans la structure intime de la molécule résulte une extrême diversité dans les composés les plus semblables. Deux agrégats peuvent présenter le même aspect, renfermer les mêmes proportions générales des mêmes éléments simples, et différer de propriétés et d'effets. C'est dans la composition des molécules, dans les proportions réciproques des atomes constituants que réside le caractère fondamental, souvent insaisissable, des agrégats plus compliqués.

JNous avons vu que le mouvement est la manière d'être de la matière, qu'il est à la fois la condition et l'effet de toute combinaison atomique ou moléculaire. En lui-même, il n'est rien que le fait du déplacement continuel de toutes les particules. Le mouvement prend divers noms, suivant qu'il affecte soit tous les corps, soit divers groupes de corps, et suivant les différents ordres de faits qui l'accompagnent. La science étudie à part chacune de ces manifestations du mouvement, et elle a raison, car chacune donne lieu à des phénomèmes très-divers et très-distincts. Mais elle n'ignore pas leur identité fondamentale. Bien qu'elle trouve commode de les considérer comme des forces qui agissent sur la matière, elle sait qu'elles n'en sont que des aspects, des états différents, plus ou moins généraux, plus ou moins particuliers. Elles ne sont pas isolées, elles se tiennent; les corps passent de l'une à l'autre par des transitions insensibles; elles se transforment, se succèdent, s'échangent; elles se réduisent l'une à l'autre, et, finalement, toutes rentrent dans la notion de mouve-

ment, de matière en mouvement. La corrélation des forces physiques est aujourd'hui démontrée et acceptée.

On ne saurait trop se prémunir contre l'illusion linguistique, contre la personnification des termes généraux. On ne saurait trop répéter avec Voltaire qu'il n'y a pas d'êtres appelés attraction, magnétisme, gravitation, pesanteur, électricité, lumière, végétation, vie ou pensée; il n'y a pas d'être appelé mouvement. Il n'y a que des corps simples et des corps complexes, formés soit de tous, soit de quelques-uns des corps simples; des agrégats qui se font, se défont, se renouvellent, et dont l'homme observe les états et les relations. Les lois ne sont que des résumés d'observations concordantes et d'inductions vérifiées ; elles rendent compte des phénomènes présents, et permettent d'en prévoir et d'en affirmer le retour dans des conditions identiques. Quand nous disons que tous les corps obéissent aux lois de la pesanteur, il faut entendre que tous les corps pèsent, et rien de plus. Quand nous parlons des effets de l'attraction ou de la vie, il faut se rappeler que l'ensemble de ces prétendus effets constitue précisément la catégorie, la classe électricité ou attraction. Ces remarques sont d'autant plus nécessaires que les langues sont faites; la philosophie objective est obligée d'employer un instrument créé par l'anthropomorphisme et faussé par la métaphysique.

Nous n'avons pas, d'ailleurs, à entrer avec la chimie dans la constitution intime des corps, dans les combinaisons atomiques et moléculaires; nous n'avons pas à exposer avec la physique, et à suivre dans toutes leurs applications, les lois que lui ont suggérées les séries de phénomènes produits par les relations extérieures des corps entre eux. Le calcul, la géométrie, qui font abstraction des substances pour opérer sur le nombre et l'étendue, sont encore moins de notre domaine. Nous ne pouvons que sous-entendre et accepter toutes les sciences.

Épicure se représentait la matière comme une vaste toile, aux mailles plus ou moins serrées, projetée en tout sens dans le vide. Son hypothèse ingénieuse lui permettait de comprendre les densités diverses et les mouvements des corps. On a nié ce qu'il affir-

mait; on eût mieux fait d'en douter seulement; car on ignore, en fait, si le vide absolu existe; mais la machine pneumatique produit, dans des espaces restreints, un vide relatif où la pesanteur et le son n'ont point d'accès, où la vie est impossible; enfin, dans notre atmosphère et au delà, dans les interstices des molécules comme dans les intermondes, la physique suppose une matière subtile, impondérable, plus rare que la matière demeurée sous la cloche, plus vide que le Vide épicurien. Plusieurs raisons, sans doute, plaident en faveur de Yéther, et surtout la transmission des influences mutuelles entre les astres, et celle des ondulations lumineuses. Mais qui empêche qu'il y ait des trous dans la nature? Qu'est-ce que cela peut nous faire? Nous n'avons pas plus la superstition du plein que celle du vide . Quoi qu'il en soit , l'élasticité et la compressibilité des corps, le vide relatif et Yéther sont des explications moins sommaires que le Vide des anciens atomistes.

A côté du Vide matérialiste se place, inanité plus parfaite encore, le Vide métaphysique, le concept de l'espace. Mais celui-ci n'est visiblement qu'une abstraction. C'est la qualité d'étendue, laquelle est inhérente à toute forme, isolée de son sujet et substantivée. La matière est la réalité de l'espace. Mais nous verrons plus loin comment l'homme s'est trouvé entraîné à séparer l'espace et le temps des corps et phénomènes qui les constituent, et à transformer le relatif en absolu.

Des affinités atomiques et des combinaisons moléculaires sont issues des agrégats, limités à la fois par leur structure individuelle et par l'expansion d'autres corps. Les formes ne sont autre chose que les limites respectives de ces agrégats juxtaposés. Elles se trouvent nécessairement les mêmes, sauf des variations de grandeur, dans les corps constitués par les mêmes combinaisons élémentaires. Leur constance a suggéré l'idée de ces types, moules invisibles et éternels, d'avance imposés à une pâte obéissante. On voit assez que, dans les espèces minérales, végétales ou vivantes, il n'y a rien de plus que des termes généraux, des résumés de caractères communs à plusieurs individus semblables. Les genres

ne sont rien sans les individus, ils ne possèdent aucune vertu contraignante, aucune force occulte.

Toutes les relations des corps entre eux, toutes les modifications que leur forme et leur structure éprouvent, sont comprises dans la catégorie du mouvement. Les unes, comme la cristallisation, la végétation, la vie, la pensée, sont spéciales à certains états de la substance, à certains genres de combinaisons. Les autres affectent, bien qu'à divers degrés, tous les corps, et déterminent les premières.

La plus générale, celle qui, selon le langage accepté, régit l'univers, a reçu le nom d'attraction; et c'est d'elle qu'on tire les lois du magnétisme, de la gravitation ou pesanteur. En fait, l'attraction n'est que l'ordre où se trouvent placés les corps et le mouvement qu'ils se communiquent par leurs contacts; en métaphysique, c'est un pouvoir, une force, une loi qui les groupe et les maintient dans un équilibre immuable. De là tant de lieux communs dont la crédulité fait son profit, tant d'admirations superflues; on en reviendra, si l'on considère que le plan providentiel équivaut à la construction pure et simple de ce qui est. Les choses étant plusieurs, existant concurremment, il faut bien qu'elles soient situées d'une façon quelconque : l'ordre que nous y remarquons nous intéresse, parce que nous y vivons; mais si le chaos, ou telle autre disposition des choses, était compatible avec notre existence, nous y trouverions un ordre et un plan.

Les corps donc sont situés et se comportent, à l'égard les uns des autres, comme s'ils s'attiraient en raison directe de leur densité ou masse, en raison inverse de leur distance. Il semble que cette attraction résulte de propriétés dites magnétiques, qui appartiennent soit à toute substance, soit à un certain état de la matière; l'action magnétique, transmise de proche en proche avec une extrême rapidité, rendra compte quelque jour de ces actions à distance qui jouent un si grand rôle dans l'univers sidéral.

La pesanteur, comme aurait pu dire Aristote, est l'attraction en acte; elle en est inséparable, et, en même temps, de la matière. Tous les corps pèsent; tous, livrés à eux-mêmes, se meuvent vers

les corps les plus denses et les plus lourds, ils s'y annexeraient, ils pénétreraient jusqu'à leur centre, si des obstacles ne s'interposaient, si, d'autre part, des attractions moindres, mais sensibles encore, ne les tiraient en arrière. L'explosion des volcans, l'essor vertical des flammes, la croissance des arbres, les phénomènes qu'on rattache à une force centrifuge développée par la rotation, semblent déroger au principe de la pesanteur, aux lois de l'attraction. Mais ces infractions sont contenues et comprises dans une zone étroite: elles n'ont d'intérêt que pour l'homme. Si haut que s'élève dans l'atmosphère une fumée, un arbre ou un oiseau, si fort que saute une puce (encore est-il une hauteur qu'ils ne passeront pas), il faudra qu'ils retombent sur le sol. Quant à l'homme, on sait qu'il est solidement attaché à la terre; c'est pour lui une grande affaire que de sauter à six pieds au-dessus ; sa pensée seule monte un peu plus avant; mais, rabattue par la mort, elle rentre à son point de départ.

11 semble que, dans ses mouvements, la matière garde une demi-liberté., qu'elle s'accorde une sorte de tolérance. Jusque dans ses plus vastes cycles, elle ignore la rigueur mathématique. Les lignes droites, les courbes parfaites, les surfaces unies, les forces toujours égales, toujours calculables, et toutes ces déductions infaillibles de la géométrie, de la physique ou de la mécanique, grâce auxquelles l'homme a créé non-seulement les chemins de fer et les télégraphes, mais aussi toutes les industries et tous les arts, ne paraissent pas être du ressort de la nature; du moins elle n'a pu réaliser ces inventions que par l'intermédiaire d'un cerveau.

Toujours est-il que la pesanteur est la loi universelle, la loi des masses. Seulement, dans le tissu des choses et à la surface des corps, il faut que son pouvoir général se combine, se concilie avec une foule de vibrations, d'ondulations, de mouvements secondaires subordonnés à des centres partiels, qui lui obéissent en conservant une autonomie éphémère.

L'électricité, la chaleur, la lumière sont encore des variétés du mouvement. Les phénomènes qui s'y rapportent paraissent indé-

pendants des impressions que nos sens en reçoivent et d'où leurs noms sont tirés. En fermant les yeux, par exemple, nous supprimons la lumière et ses décompositions colorées, mais non pas les ondulations qui l'apportent du Soleil à la Terre. Le son, dans sa sphère plus restreinte, prête à la même remarque; il est aisé, soit en nous retirant hors de sa portée, soit en bouchant nos oreilles, d'affaiblir ou d'arrêter la sensation sonore, mais non la vibration qui la cause. Intimes alliées qui se suppléent et s'engendrent tour à tour, l'électricité, la chaleur, la lumière ne sont guère plus séparables du magnétisme et de la pesanteur. Plus n'est besoin pour les expliquer d'avoir recours à ces fluides, à ces esprits, à ce phlogistique, invoqués par les physiciens du dix-huitième siècle {car la science a eu sa mythologie). Comme toutes les forces de la nature, elles se résolvent en contacts d'atomes, de molécules et d'agrégats. Elles sont à la fois les agents et les produits de certaines combinaisons, de certains états des corps. Mais tous les corps ne subissent pas indistinctement leur empire, ni au même degré; elles sont des formes spéciales, des manifestations intermittentes du mouvement. C'est par où elles diffèrent de ces caractères vraiment universels de la matière que l'on nomme attraction, magnétisme, gravitation, pesanteur.

Bien moins vaste encore est le domaine de la vie. La vie est un mouvement d'endosmose et d'exosmose à travers les parois d'une cellule, ou plutôt c'est l'état de tissus particuliers où n'entrent que certains éléments simples, seize environ chez l'homme, et susceptibles d'absorber certaines substances dont ils expulsent le résidu. La nutrition, le caractère général de la vie, est en germe dans cette propriété.

Comme il n'existe ni électricité, ni chaleur, ni lumière indépendamment des corps propres à les produire ou à les recevoir, il n'y a point de vie en dehors de combinaisons particulières que l'on nomme organismes.

Toutes les pièces de ces organismes sont fournies par la matière qui les nourrit et les entretient, mais elles ne réalisent l'état vivant que dans l'ordre où leurs affinités les disposent. Cet ordre

spécial ne se rencontre que dans des conditions déterminées et déterminantes. Les innombrables degrés des séries végétales et animales qui constituent l'échelle de la vie sont englobés dans des milieux soumis aux lois plus générales de la matière en mouvement. Tous les individus et tous les groupes d'individus vivants possèdent des facultés inhérentes à leur structure, graduées selon leurs formes plus ou moins complexes ; ils ont leurs lois, données par leur organisme, et ils les accomplissent dans les limites qui leur sont tracées par leur milieu, sous l'empire des fatalités universelles. Comme tous les autres corps, ils exercent une action sur ce qui les entoure, mais combien étroite si on la compare à l'impassible force de l'attraction, de la pesanteur ou de l'électricité!

La combinaison atomique, la pesanteur, le magnétisme, l'électricité, la chaleur, la lumière sont les conditions de la vie ; mais la vie n'est la condition d'aucun de ces états de la substance. La vie emprunte tous ses éléments, les germes de toutes ses propriétés aux matériaux élaborés par quelques corps simples; mais elle les reverse au fonds commun, dépouillés de la valeur qu'ils tiraient de l'organisme.

La pensée, comme la vie, comme la pesanteur, comme l'électricité, est un mouvement, mais un mouvement dans la vie, dans un organisme, un mouvement dans un cerveau, moins encore, dans une partie du cerveau. C'est une propriété spéciale d'un état très particulier de la matière.

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