‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 101 sur 344 · Dieu, et Dieu seul, est donc l'auteur de cet « impé · texte numérisé non relu

Dieu, et Dieu seul, est donc l'auteur de cet « impé

ratif » sacré qui se fait entendre en nous. Sans doute, la raison nous montre le devoir, mais celui qui nous prescrit notre devoir sous peine de châtiment et qui nous impose l'amour comme devoir est plus puissant que la raison. La conscience est un reflet de la Divinité dans l'âme humaine. L'homme comprend parfaitement que la souveraine puissance législatrice traduira devant elle celui qui viole volontairement cette loi intérieure, et que celui qui fait le mal devra en porter la peine.

L'homme qui obéit à sa conscience reste dans sa vocation ; c'est un homme honnête et il doit finalement être un homme heureux. L'homme qui viole sa conscience est un homme mauvais et il court au-devant de son malheur. Le malheur sort du péché, comme le ver de la pourriture.

4. Préoccupez-vous donc avant tout de votre conscience. Il n'y a qu'un bonheur ici-bas, un seul : La paix intérieure et une conscience sans tache ! La grandeur terrestre est dangereuse et la renommée n'est qu'un jouet d'enfant; ses joies ne sont que de vaines apparences: ses tourments ne sont que trop nombreux et trop réels !

Regardez souvent dans le livre de votre conscience, afin d'y voir si vos comptes sont en déficit ou en progrès. Appliquez souvent le niveau, afin de voir si l'édifice spirituel que vous élevez est d'aplomb ou incliné.

Gardez-vous, dans le soin que vous prenez de votre conscience, de vous laisser guider par l'imagination. Gardez-vous de prendre les choses trop légèrement, mais gardez-vous aussi d'une rigueur outrée. Ne considérez pas Dieu comme un tyran qui veut vous tourmenter, ni comme un ennemi qui vous guette pour vous perdre, mais comme un père qui vous aime et veut vous rendre heureux.

LA CONSCIENCE liD)

Si vous trouvez que vous n'êtes pas dans le droit chemin, craignez, écartez énergiqucment tout ce qui pourrait vous bercer dans un calme trompeur. Si vous êtes dans le bon chemin, soyez en paix, bannissez toute inquiétude.

Les sentiments de consolation intérieure ne sont sûrs que s'ils vous poussent à Dieu et à l'accomplissement fidèle de vos devoirs. Les sentiments intérieurs qui vous rendent plus difficile le service de Dieu ne sont point, par eux-mêmes, la marque d'une mauvaise disposition d'esprit.

Éloignez de vous toute inquiétude maladive. Qui se tâte constamment le pouls, pour savoir s'il est bien portant, tombera bientôt malade.

5. La conscience nous oblige aussi à observer tous les commandements positifs que Dieu nous a donnés. Les dix commandements de la loi, de l'Ancien Testament, sont essentiellement une explication et un complément de la loi naturelle. Les dix commandements nous sont donnés simplement non pas comme un éclaircissement des vérités fondées sur la raison, mais avant tout comme l'expression de la volonté divine. Aussi commencent-ils par ces mots : « Je suis le Seigneur, votre Dieu. » Le Christ a confirmé les dix commandements (Math., v, 17), et les a perfectionnés par sa propre loi.

Dans la loi chrétienne, le précepte de l'amour de Dieu et celui de l'amour du prochain sont placés en premier lieu (Marc, xii, 30); de même la pratique de l'amour des ennemis et des œuvres de miséricorde (Math., xxv, 35, sq.); enfin la loi chrétienne fait particulièrement ressortir l'importance de la sainteté intérieure.

Les dix commandements sont la grande charte, Magna Charta, qui embrasse toute la vie et ordonne tous les rapports : d'abord les rapports avec Dieu, en second lieu

les rapports des hommes entre eux, en troisième lieu les questions de propriété, en quatrième lieu la vie appétitive.

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