‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 116 sur 344 · NOTION ET ESSENCE DU PÉCHÉ · texte numérisé non relu

NOTION ET ESSENCE DU PÉCHÉ

I. Le péché est la honte suprême et le mal souverain, parce qu'il met l'homme en opposition avec Dieu. C'est pourquoi rien ne préserve mieux des dangers de l'orgueil que le souvenir des péchés commis.

Cette question s'impose au pécheur : Que dois-je penser de moi en considérant mes péchés passés ? Que dois-je faire? Est-il chose plus importante pour moi que de veiller, à l'avenir, à éviter le péché selon mes forces? C'est pourquoi il y a une haute sagesse à juger sainement de la nature du péché.

Efforcez-vous avant tout d'avoir présente à l'esprit la véritable notion du péché.

On a prétendu que le péché est une propriété innée de la nature, une faiblesse naturelle et une insuftîsance de notre nature ou encore la substance même de l'homme; qu'il est une chose qu'on ne peut éviter.

Ceux qui parlent de la sorte sont dans une funeste erreur. 11 y a dans la nature de l'homme bien des choses qu'il ne peut modifier (penchant à l'orgueil et à la sensualité, propension particulière à la colère, à la vanité, à la contradiction, à la paresse, à l'entêtement, etc.), et qui l'inclinent avec plus ou moins de force au péché. Mais rien de cela n'est le péché. Le péché ne peut commencer

288 r^ SEMAINE. — 11. LA CONSCIENCE

que là où commence le mouvement de la volonté libre. Celui qui considère sa vie passée distingue clairement entre les excitations naturelles au péché et les actes, les paroles, les pensées qu'il aurait pu éviter s'il l'avait voulu.

Le péché a ses racines dans la volonté libre; il consiste dans la transgression volontaire de la volonté divine connue de l'homme, de la loi divine, telle qu'elle se manifeste à notre intelligence, à notre conscience, ou qu'elle nous est dévoilée par le Christ ou par quelque autorité légitime dans la famille, l'Eglise ou l'Etat.

Page 1