REMISSION DU PECHE
I . Il suffit de considérer la nature du péché pour comprendre que toute faute mérite un châtiment. Une vie sans tache ne modifie pas, en elle-même, les conséquences éternelles d'un péché. Le péché est une dette immense que nous avons contractée à l'égard de Dieu; c'est une injure et une offense d'une importance infinie ; car plus grande est la distance entre l'offensé et l'offenseur, plus grande est l'injure. Le bien que le péché nous ravit et le châtiment qu'il nous attire sont infinis.
Si la justice de Dieu exigeait une expiation complète et une satisfaction équivalente, il aurait été impossible à l'homme de satisfaire à sa dette.
Dieu ayant résolu de manifester son amour infini, l'œuvre de son amour a été aussi une œuvre de rédemption. Les conditions de l'existence humaine sont déjà la preuve d'un amour que la froide raison ne peut mesurer.
11 ne saurait être question d'une punition dejésus-Christ. Poussé par son amour, Jésus-Christ a pris sur lui l'œuvre de la rédemption, en disposant de lui-même avec la plus parfaite et la plus libre détermination.
La croix et les souffrances que l'Homme-Dieu a endurées réellement constituaient une vie de perfection et de
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peines qu'il offrait à la justice divine comme une compensation pour les injures renfermées dans nos péchés.
Par un dévouement plein d'amour, la deuxième personne de la Divinité a pris l'incarnation et la croix comme son partage sur cette terre.
L'acte de la rédemption du Christ fut en première ligne non pas une œuvre de justice, mais un acte incompréhensible de charité de la part de Dieu. (Eph., ii, 4.)
2. L'offense exige une expiation qui rende à l'offensé autant d'honneur que l'offense lui en a ravi. Si une personne divine s'incarne pour devenir le nouveau chef de l'humanité, ce chef peut restituer complètement à Dieu, à notre place et en notre faveur, l'honneur que nos péchés lui ont ravi.
Toute bonne œuvre de l'Homme-Dieu pouvait constituer cette satisfaction. Si dans l'ordre actuel du salut l'expiation s'est faite par la mort du Christ, et si la grâce n'a été acquise de nouveau que par la croix et par le sacrifice de Jésus-Christ, la raison dernière en est dans la très sainte volonté de Dieu, à qui il appartenait de fixer l'expiation et le prix de la rançon en échange de laquelle il rendrait à la race coupable la grâce perdue.
L'amour infini de Dieu devait se manifester de la façon la plus éclatante pour nous dans les plaies et les douleurs mortelles du Christ. « Dieu a tellement aimé le monde qu'il a livré son Fils unique pour nous. » (Jean, m, 16; Gai., II, 20.)
On ne doit pas considérer la croix au point de vue simplement humain. Qiiel père pourrait agir avec son enfant comme le Père céleste a agi avec son Fils bienaimé ? La croix du Christ rend visible aux hommes l'infinité de Dieu.
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30b V SEMAINE. 11. LA CONSCIENCE
Ce n'est que des hauteurs de la Divinité qu'on peut comprendre la rédemption par la croix. Il faut songer à l'amour infini, à la miséricorde infinie, mais aussi aux richesses infinies dont la Divinité dispose pour couronner le Fils de Dieu crucifié, de la gloire qui correspond à l'humiliation incommensurable de la croix.
Le Christ a délivré l'humanité des ténèbres de l'erreur, en venant lui enseigner les droits respectifs de la Divinité et de l'humanité. Mais c'est par l'expiation sanglante de la croix qu'il nous a délivrés de nos péchés, il n'a pas seulement couvert de ses mérites la souillure du péché : il a « ôté » le péché.
3, Encore que le Christ nous ait mérité, par le sacrifice qu'il a fait de sa vie, la grâce de la rédemption, l'application de cette grâce est cependant liée à des conditions que les hommes doivent remplir. La sainte Ecriture nous apprend que nombre d'hommes meurent avec leurs péchés et que par suite ils se sont privés volontairement du salut éternel. Pour l'adulte, capable d'agir librement, lu rédempfion n'est d'aucune utilité pour son bonheur éternel, s'il ne se donne la peine de s'approprier les mérites du Christ par une vie vertueuse dans la grâce de Jésus-Christ. Saint Paul prêchait aux Corinthiens que Dieu s'était réconcilié avec le monde dans le Christ. Mais il ajoutait expressément : « Réconciliez-vous vous aussi avec Dieu. » (2 Cor., v, 20.)
O Jésus, vous m'avez aimé et vous m'avez cherché, lorsque je vous fuyais. Ne me repoussez pas maintenant que je vous cherche.