LA PENITENCE
I . Le Christ a satisfait pour mes péchés et il a fait pénitence : suis-je donc, de mon côté, dispensé de toute expiation ?
Que dans le Christ Dieu ait condescendu à accomplir la satisfaction exigée par la justice, et que nous-mêmes nous ne pouvions accomplir, c'est le fait de la miséricorde divine. Mais conviendrait-il à la sagesse divine de nous exempter de toute coopération à la pénitence et à la satisfaction ?
Il est dans le plan de la Providence divine que Dieu ne soit pas seul à tout faire, que les créatures coopèrent à leur manière. Ainsi en est-il dans l'ordre naturel, ainsi en doit-il être dans l'ordre surnaturel. Est-ce que, dans Tordre de la pénitence, Dieu doit être seul à tout faire ?
Dans l'ordre naturel aussi bien que dans l'ordre surnaturel, l'homme est essentiellement dépendant. Le coupable, qui veut rentrer en état de grâce, aurait-il seul le privilège de l'indépendance?
L'homme pèche parce qu'il veut satisfaire son orgueil (-1 sa sensualité. Le péché serait-il pardonné sans qu'il y ait pénitence, changement de disposition ? vt !e sentiment
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de pénitence n"exige-t-il point que l'homme s'humilie et se montre disposé aux sacrifices et à la lutte contre soi-même ?
C'est l'homme qui a agi lorsqu'il a péché ; ne doitil pas agir également lorsqu'il est question de sa réconciliation avec Dieu ?
La révélation chrétienne nous atteste que la pénitence est une nécessité pour l'homme pécheur. L'invitation à la pénitence y est rappelée une multitude de fois, et dans les termes les plus explicites. Partout et toujours on a prêché la pénitence dans l'Eglise.
2. La pénitence est une vertu par laquelle nous satisfaisons à Dieu pour l'injure que le péché lui a faite, nous réparons le péché dans la mesure de nos forces et nous détruisons en nous ses conséquences.
La pénitence doit acquitter la dette du péché, effacer le châtiment qui résulte de cette dette, et mettre les passions désordonnées hors d'état de nuire.
L"homme n'est point libre de déterminer la façon dont il fera pénitence : il doit avant tout chercher à connaître ce que la Divinité offensée attend de lui comme pénitence.
La justice de Dieu aurait pu prescrire des peines sévères et de rigoureuses pénitences. Mais la miséricorde de Dieu s'est contentée de demander des choses d'ailleurs salutaires et consolantes pour l'homme.
Tout d'abord. Dieu exige une confession extérieure, humble et contrite des péchés. Celui qui veut le pardon doit être prêt à confesser ses péchés.
Puis le pénitent doit sérieusement rompre avec le péché, il doit être résolu à ne plus souiller son âme, à ne plus se rendre malheureux.