L'AVEU
I . Le soin que nous devons avoir de notre conscience trouve dans hi confession sa plus parfaite expression, le stimulant le plus puissant, le contrôle le plus efficace.
Celui qui ne fait pas du soin de sa conscience son souci principal ne peut comprendre la confession telle qu'elle s'est toujours pratiquée dans l'Église chrétienne. Mais quiconque se préoccupe sérieusement de sa conscience reconnaîtra que la confession est un grand bienfait.
La confession est conforme à la nature humaine. Tout homme qui a sur le cœur un poids qui l'oppresse est naturellement poussé à se décharger auprès d'un ami fidèle.
La confession répond à un besoin de la conscience coupable. Sénèque l'a dit : « L'humble aveu de la faute se rapproche beaucoup de l'innocence. »
La confession est d'accord avec le caractère du christianisme. Le christianisme est l'exercice de la justice et de la miséricorde divines. La justice exige que l'homme coopère à sa manière. L'homme a librement coopéré au péché, il convient qu'il coopère librement à la réconciliation avec Dieu. L'homme a péché par orgueil, il doit réparer sa fa.ite par une humiliation correspondante.
La justice de Dieu aurait pu exiger la plus rigoureuse
des pénitences. Le Christ, par pur amour, s'est chargé de satisfaire pour nous. La pénitence exigée de nous tourne en même temps à notre consolation et à notre bonheur. La confession est une médecine amère sans doute, mais souverainement bienfaisante.
La confession fait essentiellement partie du souci que nous devons avoir de notre àme. Sans confession, point de direction efficace. Le Christ a confié à son Eglise le soin des âmes. Il a donc aussi voulu la confession.
Le Christ, ainsi que la Bible en témoigne, a donné à ses Apôtres un pouvoir judiciaire. Mais pour distinguer entre ce qui mérite absolution et ce qui ne la mérite pas, il faut, selon le droit et la justice, que les coupables s'accusent eux-mêmes sincèrement.
2. On a soulevé différentes objections contre la confession, pratiquée durant des siècles par des milliers de chrétiens.
On a dit que la confession est difficile. Oui, elle est difficile pour l'orgueilleux ; elle est agréable aux humbles de cœur. C'est pourquoi les chrétiens consciencieux aiment à se confesser plus souvent qu'il n'est prescrit.
On a dit que la confession est gênante. C'est vrai ; tous ceux qui se confessent — laïques ou prêtres — le savent par expérience. La confession n'est pas instituée pour être un passe-temps.
On a dit que l'examen de conscience est impossible. Mais pourquoi serait-il impossible d'examiner sa conscience d'une manière raisonnable ? La stricte obligation de la confession se borne aux péchés graves dont on a conscience après un examen sérieux. Ceux qui se confessent souvent trouvent consolation et utilité à confessa' les péchés même véniels.