AVEU 7l
On a dit que la confession est déslnonorante. Cela n'est pas juste. Dans le péché il y a une dégradation, dans la confession un relèvement, il y a du courage à présenter dans une guerre sa poitrine aux balles ennemies ; il y a plus de courage à s'agenouiller au tribunal de la pénitence et à s'avouer librement pécheur. 11 y a plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui fait pénitence dans ces sentiments magnanimes, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont point besoin de pénitence.
On a dit que la confession est inutile. Au contraire, elle est de la plus haute utilité dans toutes ses parties. Utile l'examen de conscience par lequel on établit avec précision le budget moral de l'âme. Utile l'accusation faite en présence de Die'u et de son représentant : elle humilie et calme 1 homme. Utiles les lumières, les encouragements, les consolations que le pénitent attend du prêtre. Utile la contrition des fautes commises; elle est un ennoblissement de la volonté ; on ne peut pas s'en imaginer de plus beau et de plus efficace. Utile le ferme propos d'éviter les péchés et les occasions dangereuses, de réparer l'injustice commise, de pardonner à son ennemi, etc.
On a dit que les prêtres ont inventé la confession dans les derniers temps. C'est une fausseté historique ; car les témoignages relatifs à la pratique de la confession remontent jusqu'aux temps apostoliques. Les prêtres n'auraient jamais voulu d'une telle institution, qui entraîne avec elle tant de charges. Et quand bien même ils l'auraient voulue, ils n'auraient pu l'imposer; ils se seraient heurtés à l'opposition la plus violente.
Le seul fait qu'aujourd'hui on se confesse suffit à prouver que la confession est d'institution divine.
Vous dites que vous n'éprouvez pas le besoin de la con-
fession. Sachez que, pour son salut, l'homme a très souvent besoin non seulement de ce qui lui semble nécessaire, mais plus souvent encore de ce dont il voudrait se passer.