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LA CRAINTE DE DIEU

On a dit que le chrétien, dans la lutte contre le péché, ne doit avoir d'autre motif que l'amour de Dieu, et qu'il est indigne de fuir le péché par crainte de la justice divine. Le Christ et les saints en ont jugé différemment. Le Seigneur dit : « Craignez celui qui peut perdre dans l'enfer le corps et l'âme. » (Matth., x, 28.) Et l'apôtre Paul : « Opérez votre salut avec crainte et tremblement. » (Philip., II, 12.)

Beaucoup de saints ont déclaré avec saint Augustin que la pensée fréquente de la mort, du jugement, de l'enfer, leur avait été absolument nécessaire pour persévérer dans le bien.

La crainte de Dieu ne porte aucune atteinte à l'amour de Dieu. Les saints qui se sont le plus signalés par un très grand amour de Dieu ont été aussi les plus pénétrés de la crainte des jugements divins.

Votre vie doit avoir quelque .chose de ferme, d'inflexible, de sérieux. Coulez dans le creuset de votre vie l'or du plus noble amour divin. Mais n'oubliez pas le fer, je veux dire l'élément qui vous donnera la consistance : la crainte de Dieu.

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L"homme ressemble à un enfant qu'on élève. La crainte du châtiment fait partie d'une bonne éducation

Pour que la crainte soit salutaire, elle doit exclure l'attache au péché et renfermer un commencement d'amour.

La crainte découle tout naturellement de la considération des vérités éternelles ; nous devons purifier et vivifier cette considération ; cela est d'une grande utilité.

La crainte est une reconnaissance et une glorification de Dieu. Elle repose non seulement sur la raison, mais encore sur la foi à la révélation divine : elle se rapporte à une perfection divine, à la justice vengeresse de Dieu.

La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse ; la crainte de la douleur est le trait caractéristique de tout être sensible. Le premier précepte de la sagesse est de craindre, et de ne craindre que ce qui est redoutable.

En bien des circonstances la crainte est plus forte que l'amour. Quand la place est prise parla crainte du péché, le péché ne peut entrer. De même que l'approche d'un orage chasse les bavards oisifs de la rue, ainsi la crainte chasse la légèreté.

Le service de Dieu saisit l'homme tout entier, et c'est l'homme tout entier qui doit être stimulé à ce service. C'est encore l'effet de la crainte. Combien de grands sacrifices et d'efforts accomplit l'homme par la crainte !

La considération fréquente des fins dernières nous amène à craindre par-dessus tout ce qiîi est en soi le pire des maux.

De la crainte découlent naturellement la victoire sur soi-même, la mortification, l'esprit de sacrifice, la vigilance et la prudence.

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