POURQUOI DIEU N EMPÉCHH-T-IL PAS LE PECHER
pour Dieu aucune nécessité d'empêcher, par tous les moyens et à tout prix, le péché et le malheur de la créature.
Mais la sagesse divine avait de bonnes raisons de ne pas empêcher le mal. « On reconnaît un bon économe, dit Gœthe, en ce qu'il sait tirer p:Jt\ même des difficultés. »
Dieu laisse croître l'ivraie parce qu'il prend soin du froment. (Math., xui, 70.) Dieu veut le bien. C'est pourquoi il n'empêche pas le mal. Le mal a son importance pour le bien, autrement Dieu l'empêcherait. L'émulation et la vanité des savants font avancer la science, et la haine des bourreaux a fait les martyrs.
La preuve la plus évidente du pouvoir souverain de Dieu, c'est qu'il laisse à la liberté de la créature la faculté de se révolter insolemment contre lui ; pour le permettre il faut être assez puissant pour tirer le bien du mal et se servir des obstacles en vue d'atteindre le but.
Les attributs de Dieu nous apparaissent sous un jour nouveau, lorsque nous les voyons triompher et sortir sains et saufs de toutes les révoltes du mal.
^. Si Dieu n'a pas empêché le mal, c'est tout particulièrement parce qu'il a voulu manifester d'une façon spéciale son amour et sa miséricorde aux coupables euxmêmes.
Tout le christianisme est un acte de la miséricorde divine : et l'histoire de la plupart des hommes est celle de l'enfant prodigue.
Le Sauveur raconte cette parabole, afin de montrer clairement quels sont les sentiments de Dieu à l'égard des pécheurs. (Luc, xv, 11-32.)
L'égarement de l'enfant égoïste consiste dans l'injure
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que le fils fait à son père, dans la dissipation des biens paternels, dans l'immoralité et les excès.
La cause de l'égarement est la légèreté, le désir de l'indépendance, la satiété, la passion et la sensualité.
Le résultat de l'égarement, c'est le besoin et la pauvreté, la perte de la liberté, l'abaissement et l'abandon le plus profond.
L'occasion du retour, c'est la réflexion. Le prodigue rentre en lui-même et compare sa situation présente à celle qu'il avait jadis. Le repentir commence à naître dans son cœur. Il se souvient de son père, de son amour et de sa bonté. Ce souvenir relève son courage et lui donne l'espoir du pardon.
Le prodigue prend la résolution de s'arracher à son infortune : « J'irai à mon père. » Par un vrai sentiment de pénitence, il s'est accusé de son péché dans son cœur. I
Cela suffit au cœur du père. Le père reconnaît son enfant malheureux et court à sa rencontre, il le comble des témoignages de la plus profonde tendresse, il lui rend l'héritage perdu. Tout est pardonné et oublié. Le père fait tout cela avec la joie la plus vive, avec le plus grand empressement.
La miséricorde divine ne se contente pas d'accueillir le pécheur qui revient; elle va à la recherche du pécheur, comme le pasteur va à la recherche de sa brebis égarée.
Telle est l'importante signification du péché dans l'ordre du salut.