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LE CHRIST, IDEAL DE L'HUMANITE

I . Le Christ, Sauveur du monde, a réalisé si purement, si pleinement, l'idéal de l'humanité, que rien, dans toute l'histoire du monde, n'approche de ce type sublime. Il est de la manière la plus excellente ce que l'intelligence et la conscience entendent par « l'homme de bien ».

Né d'une famille pauvre et obscure, il demeure de longues années dans l'obéissance, et remplit jusqu'à sa dernière heure tous les devoirs de la piété filiale.

Il agit toujours comme un homme du peuple. Ses discours sont simples, sans art et sans ornements. Mais tous ceux qui l'entendent demeurent étonnés et confessent que nul homme n'a encore parlé dé la sorte.

Tous les hommes de bien se trouvent infiniment à l'aise dans le voisinage de Jésus. 11 est l'image la plus radieuse de l'amour, de la douceur et de la bienveillance ; il témoigne un désintéressement, une humilité que le monde orgueilleux ne comprend pas, dont il se scandalise encore aujourd'hui.

Le fordeau du pauvre qui lutte contre la misère de chaque jour, pèse sur Jésus. Modèle parfait de l'humilité désintéressée, au milieu des acclamations des foules qui

lui adressent l'hommage de leurs cœurs, il conserve une égalité d'âme imperturbable et demeure ferme comme un rocher, lorsque les douleurs déferlent sur lui ainsi que des vagues furieuses.

Quand le peuple inconstant l'abandonne, Jésus ne le maudit point ; quand le peuple veut le faire roi, Jésus s'enfuit au désert.

Il passe sur la terre en faisant le bien et chacun de ses pas fait surgir un bienfait, mais il mène une vie de fatigues, une vie de pauvreté. 11 est plein de compassion pour les souffrances des hommes.

Simplement et naturellement, il partage avec ses disciples les travaux et les peines de la vie. Son cœur est ouvert à tous les sentiments d'une noble amitié. Véritablement homme dans tous ses sentiments, il est accessible à tout ce qui touche le cœur humain, le péché seul excepté.

Il verse des larmes sur la tombe de son ami, et ceux qui l'entourent concluent de la grandeur de sa douleur à la profondeur de son amour (Jean, xi, 36). Il tremble devant les souffrances, il s'effraie en présence de la mort. 11 supplie que la souffrance s'éloigne, sans que sa prière soit exaucée sous cette forme.

Il souffre comme nul autre homme n'a souffert. Son âme est plongée dans la tristesse, le dégoût et le délaissement. Mais dans son humilité, il remet sa volonté et sa vie entre les mains de son Père. Dans sa vie et dans sa mort, il présente le type du juste souffrant en silence.

Les quatre Évangiles déroulent devant nos yeux la vie de Jésus, comme un paysage splendide, que nous considérons de divers points de vue, tantôt dans la lumière matinale, tantôt à l'heure du coucher du soleil, mais qui toujours a son charme particulier. Si une vie a connu la

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douleur et hi joie, l'abaissement et l'éclat, c'est bien la vie du Christ sur la terre. Et de toutes ces épreuves, elle est sortie pure comme l'or.

2. Cet idéal humain est entièrement sans tache. Entouré de ses ennemis, le Christ leur pose cette question : « Qui de vous me convaincra d'aucun péché? » (Jean, viii, 46.) Et tous les témoins hostiles de sa vie et de ses œuvres répondent à cette question par un profond silence. Lorsque plus tard les Juifs traînèrent le Sauveur garrotté et maltraité devant Pilate, pour arracher à celui-ci une condamnation à mort, Pilate leur demande : « Qu'a-t-il fait de mal? » Cette question ne trouve d'autre réponse que : « Crucifiez-le! » Et le juge livre l'accusé pour être crucifié, après avoir solennellement déclaré : « Je ne trouve aucun crime dans cet homme (Jean, xviii, 38)... Je suis innocent du sang de ce juste. » (Matth., xxvii, 24.) Le traître lui-même mêle sa voix à ce témoignage qui proclame la grandeur morale de Jésus : « J'ai péché, dit-il, en livrant le sang innocent. » (Matth., xxvii, 4.)

Platon avait fl\it le portrait de l'homme juste, de l'idéal de toutes les vertus, et il avait dit de lui qu'il serait attaché au bois, afin que chacun vît le désintéressement de sa justice.

Cet idéal a paru dans le Christ. De lui rayonnent jusqu'à nous toutes les vertus qui sont d'une importance capitale pour une organisation plus idéale de la vie humaine : le désintéressement, l'amour des hommes, la patience, la douceur, la domination des exigences de l'homme animal; en un mot, tout ce que suppose l'idée que l'on se fait d'un homme parûiit.

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