CHAPITRE XII
BETHLEEM
I. Pour bien des hommes, la naissance — l'entrée visible dans le monde et la société humaine — est d'une importance essentielle pour la direction de leur avenir. Jetons donc un regard sur le lieu où l'Homme Dieu vint au monde. Tout ce qui s'y passe est d'une particulière importance et d'une haute signification.
Le Christ est venu au temps marqué par les prophètes, à la fin des semaines d'années prédites (Dan., ix, 24) et, par suite d'une ordonnance impériale, au lieu qui avait été annoncé (Mich., 11, 5), Comme prince de la paix, il vient au temps où règne la paix la plus profonde.
Le Christ naît dans la faiblesse de l'enûince, pour nous être entièrement semblable par la nature humaine : il naît avec l'amabilité de l'enfance; il est entre les bras de sa mère pour attirer notre amour et notre confiance. Le sommeil, les pleurs, l'allaitement, la faiblesse et la détresse sont autant de preuves de la léalité de sa nature humaine.
Le Christ apparaît dans l'abaissement, dans l'humiliation, dans le mépris, lui qui est tout.
Le Christ naît dans une étable, à minuit. Conibien cette
yO 2" SEMAINE. 1. L IMITATION DU CHRIST
heure est importante pour Israël, pour le monde entier ! Et personne ne le sait.
Le Christ apparaît pauvre, dénué de tout ce que le monde estime. Sa pauvreté est grande, elle se fait douloureusement sentir: il manque de tout.
2. Et cependant la naissance du Christ est glorieuse. C'est une naissance virginale, comme l'avait annoncé le prophète (Is., vu, 14); à ce titre, elle est un éclatant miracle, un miracle que la toute-puissance divine peut seule accomplir.
L'humiliation, la pauvreté qui accompagnent l'entrée du Sauveur en ce monde sont une preuve de la divinité du Christ. Pauvreté, faiblesse, obscurité, certes, ce n'est pas avec de tels moyens que l'homme arrive à faire de grandes choses; mais il en va autrement de Dieu, qui n'a besoin d'aucun moyen terrestre.
Quel foyer de lumière et de chaleur la crèche n'a-t-elle pas été pour le monde ! Combien de millions de nobles cœurs ont appris de l'Enfant de Bethléem la sainte humiliation et le mépris du monde !
Si nous portons nos regards sur Marie et Joseph, si nous écoutons en esprit leurs saints entretiens, nous retrouvons des traits analogues à ceux que nous avons observés chez le Sauveur. La soumission à l'autorité constituée a déterminé leur voyage. Marie et Joseph supportent avec patience et avec une silencieuse modestie toutes les incommodités et toutes les rigueurs du trajet. La providence de Dieu semble les avoir oubliés et abandonnés. Au soir de la venue du Messie, nulle part ils ne trouvent un accueil; et cependant pas une plainte sur leurs lèvres.
La naissance du Seigneur est annoncée à des bergers
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simples, grossiers, inconnus. Ne croyons donc pas que Dieu estime surtout les savants et les grands de ce monde. Le Christ, prince de la paix, rassemble tout d'abord autour de sa crèche des âmes douces, paisibles, humbles. Lui, le suprême Pasteur, il appelle des bergers. Lui, le Pauvre, il appelle des pauvres. Lui, qui enseigne le renoncement à soi, il appelle des hommes rompus à la fatigue, habitués au travail et aux privations.
Dieu se met à la portée de l'intelligence des simples et il leur envoie un ange sous une forme visible pour leur annoncer joyeusement la bonne nouvelle. « Gloire à Dieu et paix aux hommes. » Tels sont les deux grands résultats de l'Incarnation du Christ.
A vous-même, le Seigneur vous dit : Pour vous sauver, vous qui étiez perdu, pour vous sauver, vous qui me fuyiez, je suis né comme un enfant, dans le dénuement, sur la paille d'une pauvre étable ! Il n'y a rien en moi qui puisse vous effrayer ; venez donc vous aussi et aimez-moi !