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CHAPITRE PREMIER

DEUX ETENDARDS

I . La vie de l'homme sur terre est la vie d'un soldat. Il y a guerre entre la puissance du bien et la puissance du mal ; ou l'on sert la première ou l'on sert la seconde.

Une partie des créatures libres s'est insurgée contre Dieu et combat le bien : ce combat se poursuit à travers toute l'histoire du monde. Moi aussi, je dois prendre position dans ce combat.

Saint Ignace de Loyola nous présente, comme dans un tableau, deux camps.

Nous voyons Lucifer, dressant son trône dans la plaine de Babylone, la cité du faste mondain. Tout respire la richesse, la somptuosité voluptueuse, la satisfaction des sens et la puissance sans scrupule. Lucifer voudrait prendre la place de Dieu et entraîner les hommes dans son propre malheur. 11 crie à travers les siècles : « Venez à moi, détournez-vous de Dieu, et vous serez comme Dieu. » C'est l'esprit du monde incarné, il se sert des hommes pour perdre les hommes.

Le Christ rassemble les siens autour de lui, à Jérusalem, la cité de la paix, située dans une agréable contrée. Par sa nature humaine, il est notre frère et il converse parmi

nous. Il nous enseigne le mépris du inonde et l'humilité. Les insignes de sa royauté sont une condescendance aimable et l'amour des hommes. 11 veut nous donner la vraie vie, et il nous crie : « Venez à moi, qui suis humilié; soumettez-vous à Dieu, et Dieu vous consolera. »

2. 11 ne s'agit donc pas de me demander si je choisirai l'étendard du Christ ou l'étendard de Satan. Il s'agit d'adhérer fermement, complètement et aussi intimement que possible au Christ et à ses principes.

Deux drapeaux flottent sur les deux camps. Autour de chaque étendard se groupent ceux qui veulent s'attacher plus entièrement à l'un des deux chefs.

Je veux appartenir au Christ, mon Seigneur, dans la mesure qu'il attend de moi ; je veux m'efforcer de faire tout ce qu'il exige de moi. Mais, de son côté, la puissance des ténèbres ne me perd pas de vue. Elle se sert de l'amour-propre qui est au fond de la nature humaine, elle me sollicite perfidement, en moi et au dehors de moi, pour me détacher du Christ. J'ai donc besoin d'être instruit et de savoir discerner entre les impulsions du bien et celles du mal.

La puissance du mal s'efforce de m'insinuer trois choses : i° l'amour de la richesse et des pompes du siècle ; 2° l'amour des honneurs et de la considération de la part des hommes ; y l'orgueil, l'indépendance, l'idolâtrie de moi-même.

Le Christ; au contraire, s'efforce d'inspirer aux siens : 1° le mépris du monde et des biens extérieurs; 2° le support joyeux des humiliations et des manques d'égards immérités ; 3° l'humilité et l'abnégation.

La puissance du mal cache tout d'abord ses inspirations sous l'aspiration légitime pour les choses de ce

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