‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 2 sur 344 · HOLY REDEEMER LIBRARY, WINDSOR · texte numérisé non relu

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IV NOTF.S IMOGRAPHiaUF.S

diriger les regards et les aspirations vers le cieH » Nous l'avons dit, ils furent nombreux.

A Aix aussi, Je l'ère Pcsch eut pour la première fois l'occasion de défendre les idées chrétiennes contre un représentant de la science antichrétienne. Et du premier coup il se montra polémiste consommé.

Sur ces entrefaites furent portées les lois et les iiovelles qui progressivement retirèrent aux Ordres et aux Congrégations religieuses leur liberté et leurs privilèges relatifs à l'instruction publique. On a encore en mémoire les diverses péripéties de cette lutte sectaire, le Kulturkampf, qui jeta en prison plusieurs vaillants évêques d'Allemagne. Finalement la Compagnie de Jésus était expulsée du territoire de l'Empire par une loi votée au Reichstag (4 juillet 1872). Les proscrits allemands, comme les nôtres du 29 mars, trouvèrent un toit hospitalier dans la demeure des nobles calholiques des pays limitrophes. Parmi ces cœurs généreux, vient en première ligne le baron Louis von Bongart-Paffendorf, qui offrit aux exilés son château de Wynandsrade, dans le Limbourg hollandais. Ce fut là que se réunirent les jeunes religieux en cours d'études, et le Père Pesch fut mis à leur tête. On conçoit les difficultés inséparables d'un tel état de choses. Le Père Tilmann sut faire face à tout, et les hôtes passagers du château furent unanimes â louer la bonté, le dévouement, l'abnégation, la sainte gaieté de leur supérieur.

Nous disons la gaieté. Comme beaucoup de ceux qui ont l'âme grande et haute, qui sentent vivement, le Père Tilmann souffrait de cette maladie dont les anciens disaient qu'il n'y a pas de génie sans elle et que Lacordaire croyait « inséparable de tout esprit qui va loin, de tout cœur qui est profond », la mélancolie. Presque tous les Saints d'ailleurs, l'histoire en témoigne, ont ressenti ses atteintes; mais tous les Saints aussi, et le Père Pcsch avec eux, ont secoué cette maladie énervante, loin de s'y complaire. La mélancolie n'empêcha jamais notre savant de travailler, bien au contraire, car il savait que le travail est, après la prière, un des remèdes les plus efficaces contre les idées noires et moroses.

Lorsque les premières difficultés eurent été surmontées, le Père Pesch fut appelé à Tervueren, en Belgique, où la famille du comte de Stolberg-Robiano avait ouvert un asile aux rédacteurs des Stimmen ans Maria-Laach.

C'est alors qu'il commença à publier quelques-uns de ses ouvrages. Nous sommes en 1873, ^t durant vingt-cinq ans, jusqu'à sa mort, nous le verrons combattant le bon combat par la plume.

Le Père Tilmann fut vraiment un homme infatigable. Poursuivi par le noble idéal de l'apostolat des âmes, il travailla toute sa vie sans

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