REGLES DE PRUDENCE I
de sa taille ne fait pas seulement une chose inutile : il manque aussi un autre rôle dont il serait capable.
Dans les succès, gardez-vous de la présomption. La plupart du temps, la réussite dépend des circonstances favorables plus que de l'habileté. Ce qui, ici et dans cette occasion, est un triomphe sera un échec ailleurs et dans d'autres conditions.
N'éparpillez pas vos forces : « Celui qui laboure son champ aura du pain en abondance ; mais celui qui poursuit des choses inutiles est un fou. »
Qui veut arriver à quelque chose de grand doit écarter toute occupation inutile. Recueillez toutes vos forces lorsqu'il s'agit de risquer quelque chose de grand ; mais n'allez pas enfoncer à coups de poing des épingles dans une pelote.
Pensez d'abord, puis parlez. Il en est qui ressemblent à certaines amphores, pleines d'une liqueur généreuse, mais s'épanchant difiFicilement. D'autres vont de l'avant et disent plus qu'ils n'ont pensé.
Ne vous découragez pas si une partie de ce que vous semez se perd. Cesse-t-on d'ensemencer à cause des moineaux?
La connaissance des hommes, l'empire sur soi-même, la réflexion et la prière doivent être les auxiliaires de la prudence.