LH SOIN DES ENFANIS I
L'éducation de l'enfant consiste à favoriser les bonnes dispositions naturelles, à entraver les mauvaises, à rendre le cœur de l'enfant accessible à la grâce divine, à surveiller tout le développement de l'enfant avec tout ce qui peut intluencer son progrès.
2. Le Christ est le maître et le modèle de tous les éducateurs.
En lui nous trouvons (nous suivons ici les idées du Père Mesclil^M^) les qualités que doit posséder l'éducateur. 11 fait voir son autorité qu'il a reçue de Dieu, son Père céleste. 11 est un modèle de charité pour les faibles, les miséreux, en particulier pour les enfants; un modèle de douceur, de compassion, de patience. Il montre partout cette prudence qui choisit les bons moyens pour atteindre le vrai but. De plus, le Seigneur pratiqua l'œuvre de l'éducation non comme mercenaire, mais il la regarda comme une sublime vocation qu'il tenait de son Père.
Dans l'éducation, l'essentiel n'est point de former l'enfant en vue des choses d'ici-bas ; c'est le but final, la fin dernière qui doit tout dominer. « Que sert à l'homme de gagner l'univers ? » (Matth., xvi, 26.)
Le chef-d'œuvre de l'éducation est de rendre l'homme capable de faire un bon et noble usage de sa liberté. Dans l'homme, le Sauveur considère l'enfant de son Père céleste; et, plein de sollicitude, il le reçoit à son école avec toutes ses aptitudes. 11 prend en considération la liberté de la volonté et en tient compte aussi bien dans l'accomplissement des devoirs (Matth., xix, 17) que dans les obligations les plus élevées de la perfection (Matth., xix, 21). 11 tient compte des faiblesses de la nature humaine et insiste sans relâche sur la mortification et le renoncement (Matth., XVI, 24; Luc, ix, 23 ; xvii, i; : Joan.. xii,
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25). Cette recommandation revient sous la forme des applications et des images les plus diverses (Matth., vu, 13 ; Luc, xiii, 24).
L'instruction religieuse, le fréquent rappel du but dernier de l'homme et des motifs de piété, qui doivent faire pratiquer la vertu, font partie d"une bonne éducation.
Les promesses et les récompenses sont aussi un moyen d'éducation. Le Sauveur exige beaucoup, mais il promet encore plus. 11 ne ménage ni la reconnaissance ni la louange.
Dans tout enfant il y a tout ce qu'il faut pour faire un ange, mais aussi un démon. Les grands défauts se retrouvent en germe chez les enfants. Malheur à qui s'efforce de satisfaire leur humeur coupable! On peut tout attendre d'un enfant.
Les remontrances, les menaces et les punitions sont également des moyens d'éducation. Le Sauveur lui-même employait ces moyens, mais de telle sorte qu'il ne cherchait point d'avance l'occasion d'elfrayer et de punir (Luc, IX, 56; Joan,, m, 17; xii, 47); qu'il voulait beaucoup moins menacer que donner des encouragements : qu'il n'employait la menace et le châtiment que dans le cas où les autres moyens paraissaient impuissants. Quand il trouvait de la bonne volonté, il était bienveillant dans ses remontrances (Matth., xx, 22; Marc, ix, }2 ; Joan., XX, 27; XXI, 15); en quelques rares circonstances seulement le ton fut un peu plus vif (Marc, viii, 17 ; Matth., xvi, 2) : XVII, 16).
Un autre moyen d'éducation, c'est l'exercice pratique du bien. Bien souvent, pour opérer un miracle, le Christ réclame d'abord comme une condition la foi et la confiance (Matth., IX, 28; XV, 28: Marc, ix, 22; Luc, XVII, 14; Joan,, IV, 50; xi, 15). 11 exerçait les siensà l'hu-