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LA DOUCEUR I

S'émouvoir et s'irriter est quelque chose d'extrêmement insensé. La jalousie et la t-iusse fierté s'échauffent facilement, et éteignent volontiers une allumette avec une pompe à incendie.

Notre jugement est toujours indulgent lorsqu'il s'agit de nous-mêmes ; nous inclinons presque toujours à l'aigreur lorsqu'il s'agit des autres.

Il est naturel à l'homme d'avoir de l'antipathie pour ceux qu'il a maltraités.

Les hommes — et en particulier les savants — sont la plupart du temps haineux, lorsqu'ils ont à discuter et à contredire ; ils regardent facilement comme leur ennemi mortel celui qui est dans l'erreur ou qui pense autrement qu'eux.

Apprenez du Christ à conserver toujours la douceur, si vous voulez avoir la paix de l'âme. Pour vivre en paix avec son voisin, il faut éviter non seulement de foire de la peine, mais aussi pardonner à celui qui nous contrarie.

Etes-vous en danger d'être mis hors de vous, taisezvous et priez.

La nature du christianisme se révèle clairement si l'on rapproche ses maximes des maximes contradictoires du monde. Vaincre le mal par le bien, pardonner la haine du monde, se venger par des bienfaits, voilà bien le christianisme.

La vérité, quand elle n'est pas aimable, provient d'une charité qui n'est pas la vraie.

La plupart du temps, il s'agit de bagatelles. Si quelque chose traverse vos projets, ne vous irritez pas trop; n'en venez pas tout de suite aux grands moyens. Ce qui peut vous mettre en colère vous paraîtra bien peu de chose dans un an ou même dans un jour.

3. Pour répondre au mal par le mal, il n'est pas besoin d'un grand caractère ; pourtant l'ordre et la justice peuvent riclamer leurs droits. Mais l'esprit de Dieu vous enseigne à rendre le bien pour le mal.

Dire à un ennem.i une parole de bonne amitié, c'est plus grand que conquérir un royaume.

^ Vient-on vous raconter que tel ou tel dit du mal de vous, ne vous emportez pas : songez plutôt : Il ne connaît pas mes autres défauts, sans quoi il ne se serait pas contenté de parler de si peu de chose.

Nul ne se laisse plus facilement blâmer que celui qui mérite le plus la louange.

En vous justifiant et en vous excusant, agissez toujours par sentiment du devoir, jamais par irritation. 11 vous faut savoir supporter l'injustice. Ne prenez pas plaisir à vous croire la victime de tous.

Ne paraissez point ressentir toute atteinte portée à votre réputation, mais démentez les propos malins par la rectitude de votre conduite.

Parlez toujours bien de votre ennemi et traitez-le mieux encore. Cela plaît à Dieu et aux hommes.

Celui qui se laisse facilement aller à la colère a tort de se dérober à la société des autres. Ce n'est point la fuite qui triomphe de semblables défouts, mais une vigoureuse résistance.

Prenez garde qu'un seul bienfait qui vous a été refusé ne vous en fasse oublier mille autres que vous avez reçus.

Les hommes doux et reconnaissants sont comme des champs fertiles qui rendent plus qu'ils n'ont reçu.

Heureux les doux, parce qu'ils se posséderont eux-mêmes et s'attireront l'affection et la bienveillance de leur prochain. Qui se domine soi-même peut dominer les autres, pour le bien.

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