‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 24 sur 344 · CE QUE DIT L INSENSÉ DANS SON CŒUR S · texte numérisé non relu

CE QUE DIT L INSENSÉ DANS SON CŒUR S

3. Celui qui affirme qu'il n'y a pas de Dieu est un fou. Un savant impie demandait à un astronome chrétien d'où venait le magnifique globe terrestre. L'astronome répondit : « 11 existe de lui-même. » Comme l'athée se moquait, l'astronome lui dit : « Vous croyez que ce petit globe ne peut pas exister de lui-même ; et le grand monde étoile avec toute son ordonnance si bien proportionnée et toute sa splendeur devrait exister de luimême ? »

Si quelqu'un trouvait dans une île inhabitée une montre ou une belle statue de marbre ou simplement un marteau de pierre, il ne manquerait pas de dire que tout ce qu'il voit là vient des hommes. Et si quelqu'un prétendait que c'est la pluie et le vent qui, par hasard, ont donné à la pierre la forme d'un marteau, à un bloc de pierre la forme d'une œuvre d'art, et que c'est la poussière minérale qui en tourbillonnant s'est transformée en montre, on devrait le tenir pour fou. N'est-ce pas un fou, celui qui prétend que le monde, avec ses milliards de complications périodiques et régulières, n'a pas eu de créateur?

Lorsqu'un vaisseau vogue tranquillement et sûrement sur la mer pleine de périls et arrive au port, personne ne doute qu'un pilote habile a dirigé le gouvernail. Et nous devrions douter que l'ordre des myriades de choses de ce monde, et que les évolutions de l'univers se succédant d'après les lois mathématiques, aient leur cause dans une intelligence centrale et qui embrasse tout ?

« Les trois merveilles du monde — disait un pieux évêque, — le ciel et ses flambeaux, la terre et ses hautes montagnes, et la mer et tout ce qu'elle donne et qu'elle reçoit, sont remplies d'enseignements; les infîmes productions de la nature ne sont pas moins instructives. La violette, le brin d'herbe et le vermisseau, si seulement

S8 r^ SEMAINE. 1. l'amour DE LA VÉRITÉ

nous avions, pour comprendre ce qu'ils proclament, autant d'oreilles qu'ils ont de langues, expriment la grandeur de Dieu. »

On dit que les hommes ont inventé Dieu par intérêt. Mais pourquoi ne se sont-ils pas façonné un Dieu plus accommodant que celui que reconnaît l'intelligence humaine r

On dit que la crainte, en particulier la crainte des orages, a poussé les hommes à croire en Dieu. Mais commenta croyance en Dieu pourrait-elle apaiser cette crainte? Dieu est plus à craindre que les phénomènes de la nature. Le paganisme ancien et le paganisme moderne ont inventé leurs divinités pour se cacher du vrai Dieu.

On dit qu'on ne peut concevoir Dieu. Celui qui s'appuie sur cette raison pour nier Dieu ressemble à l'enfant qui, sur le rivage de l'océan, ne peut enfermer la mer dans une coquille, et qui, par suite, s'écrie : « Il n'y a pas d'océan, puisque ma coquille ne peut le contenir. »

On peut calculer l'orbite des planètes. On ne peut pas calculer la folie des humains.

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