LA VERITABLE INDEPENDANCE
I. La vraie liberté et l'indépendance véritable consistent à dépendre uniquement de qui nous relevons par devoir, par nécessité et par vertu.
Bien des maux viennent de ce que nous nous laissons guider par l'exemple, et non par nos meilleurs instincts; nous vivons comme tout le monde vit. Les défauts d'autrui devraient nous servir de leçon et d'avertissement, et non pas de modèle. Celui qui craint de ne pas ressembler aux méchants est méchant lui-même.
Le meilleur moyen de fuir cette dépendance coupable est de vouloir franchement dépendre de Dieu.
Que nul ne cherche à ressembler à autrui ; que chacun cherche à ressembler au Très-Haut! Comment y arriver? due chacun soit parf;iit. Et chacun est d'autant plus parfait, qu'il est plus dépendant de Dieu.
Pour vous, mon enfant, ne vous découragez pas; ûiites ce que votre conscience, ce rayon de lumière céleste, vous dit; faites bien et ne craignez rien.
Le soleil ne va ni à droite ni à gauche, ni plus lentement ni plus rapidement, parce que les moucherons bourdonnent et que les grenouilles coassent. Cherchez l'approbation de Dieu, et méprisez courageusement le dédain du monde entier.
Le désir exagéré de plaire est un grand mal. On veut plaire à la fois à Dieu et au monde, et il en résulte la plupart du temps qu'on ne plaît pas au monde, et toujours qu'on déplaît à Dieu. « Quiconque voudra être ami de ce monde se rend ennemi de Dieu. » (Jac, iv, 4.)
Qui agit toujours par des considérations humaines s'avilit par lâcheté et se rend esclave dans tout le sens condamnable du mot.
Celui qui n'agit que par des considérations humaines est généralement méprisé, même par les hommes; celui qui s'efforce de plaire à beaucoup déplaît ordinairement à la plupart.
C'est un esclave qui n'a pas un maître seulement, mais cent ; un mot le fait trembler, et il n'a pas des sentiments assez nobles pour apercevoir l'indignité d'un tel état.
2. Vous ne devez jamais, par respect humain, donner le faux pour le vrai. Cent fois je vous dirai et mille fois : L'erreur, c'est l'erreur! qu'elle vienne du plus grand homme ou du dernier des êtres.
Si vous rencontrez de l'opposition, ne vous déconcertez point. Qui marche au but par le droit chemin rencontre aussi de l'opposition.
Gardez-vous de toute espèce de flatterie. Donner des louanges imméritées pour s'attirer les bonnes grâces de celui qu'on loue, c'est frapper de la fausse monnaie.
Ne faites aucun cas de la flatterie. 11 n'y a rien à faire là où il est plus avantageux de flatter que de remplir son devoir.
Pas de question plus sotte que celle-ci : Qu'en dira-t-on? On se fait beaucoup de mauvais sang et on n'obtient jamais la paix; il en résulte qu'on se demande continuellement : Qu'en dit le monde?