LA VERITABLE INDEPENDANCE
Labourez votre champ à votre guise, bâtissez votre maison selon vos besoins, et de votre fenêtre regardez tranquillement la folie des hommes.
Saint Augustin a écrit : « Pensez d'Augustin ce qui vous plaît, pourvu que ma conscience ne me reproche rien devant Dieu ».
Ceux qui se laissent diriger par le jugement des hommes sont précisément les plus portés à se laisser tourmenter par mille illusions trompeuses.
3. Vous dites : Si je suis les usages de l'Église, on me raillera! Est-ce donc un malheur? Si l'on vous raillait parce que tous les jours vous mangez, parce que vous vous tenez sur vos deux pieds et que vous ne rampez pas sur le sol, parce que vous honorez vos vieux parents, changeriez-vous pour cela votre façon d'agir? Or il est une chose plus sensée encore, et plus justifiée que de manger, de se tenir droit, d'honorer ses parents : c'est l'obéissance à Dieu votre Créateur, c'est le service du Seigneur.
De toutes les poltronneries, le respect humain est la pire ; il est l'abandon du premier de nos droits et la négligence du plus important de nos devoirs. Ici la lâcheté est un crime.
Ne point oser vivre chrétiennement, c'est ne point oser être intelligent, ne point oser être bon, consciencieux, homme d'honneur.
Rompez avec cette timidité déshonorante; remplacez-la par une « audace » salutaire.