CF. QUE VAUT L APPROBATION DES HOMMES
ment à hi réalité. Votre renommée ressemble à votre ombre : souvent elle vous précède, souvent elle vous suit ; tantôt elle est plus grande que vous, tantôt plus petite.
Tantôt on vous diffame, et tantôt on vous porte aux nues. Et qu'avez-vous fait? Simplement votre devoir.
Que le meilleur des hommes n'aille pas s'imaginer qu'on dit du bien de lui; nous voulons être divertis; or l'éloge des autres ne nous divertit pas.
Les hommes sont portés à blâmer ce pour quoi ils n'ont ni force ni talent.
Assez souvent ils n'estiment pas ce qu'ils comprennent, mais ils ont un culte pour ce qu'ils ne peuvent comprendre. On vante ce qu'on ne comprend pas, uniquement parce qu'on l'entend vanter.
Ne tenez point trop compte de l'opinion publique. C'est le bon sens qui parle par le jugement d'un sage, mais le jugement de la foule dépend du vent.
Laissez critiquer, laissez sourire, fermez votre oreille avec indifférence : qui veut plaire à tous finit par se perdre lui-même.
3. Une certaine approbation des hommes est nécessaire à la vie; sans elle on n'arrive à rien en ce monde; c'est donc la volonté de Dieu que vous y preniez garde.
S'il ne faut pas tenir trop grand compte de ce qui se dit de vous, il faut cependant un souci raisonnable de votre bonne réputation. Dans les foules il y a bien des yeux pour voir, bien des cœurs pour mal juger et bien des langues pour calomnier. Toujours on croit le mal plus facilement que le bien.
Ne vous affligez point si l'on se moque de vous, si l'on vous raille ; mais ne faites jamais rien qui mérite la moquerie ou la raillerie.
Vous pouvez, pour vous mieux connaître, utiliser les louanges des hommes autant que leurs blâmes. Pesez -chaque mot des blâmes, mais pesez aussi chaque mot des louanges. Souvent vous aurez surtout à corriger là oij on vous applaudit davantage.
Du reste, établissez solidement votre cœur en Dieu et ne craignez pas les jugements humains si votre conscience vous justifie.